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Yellowstone, le 24 juin 2008
Bon anniversaire Oscar !
C'est donc parti pour notre seconde aventure de camping-cariste. Cette fois, nous avons vu les choses en grand : 29 pieds de long - soit 8,7 mètres, 1,2 mètres de plus qu'en Nouvelle-Zélande.
Nous en prenons possession le jeudi 12 juin en début d'après-midi, à Las Vegas. Après l'arrêt obligatoire au Wal Mart pour remplir les placards et le frigo, un second arrêt au McDo pour remplir les estomacs, nous quittons Las Vegas et partons dans le désert, direction le Grand Canyon. Au bout de quelques kilomètres, nous passons du Nevada à l'Arizona. La route est déjà superbe. Nous passons notre première nuit dans le camping-car à Kingman, ville quasi-fantôme sur la route 66.
Le lendemain, nous terminons les 300 miles qui séparent Las Vegas du Grand Canyon. Nous nous installons dans un des campings du parc. Nous comprenons vite que, comme en Nouvelle Zélande, le camping sauvage est quasi impossible aux Etats-Unis, en tout cas près des grands parcs. C'est d'autant plus dommage que certains d'entre eux (et c'est le cas au Grand Canyon) n'ont aucun équipement mis à part l'emplacement pour faire un feu et une table de pique-nique (pas d'électricité, pas d'arrivée d'eau, etc.). Tous les inconvénients des campings sans les avantages.
A peine arrivés, nous partons à pied découvrir le grand canyon. La première vision est assez impressionnante. Le premier mot qui vient à l'esprit (et il s'applique aussi aux autres paysages que nous verrons durant notre périple dans l'ouest américain), c'est « grandiose ». C'est profond, très large et très long. On voit le paysage à plus de 100 kilomètres.
Après une première ballade le long du bord du Canyon, nous partons le lendemain matin sur un chemin qui descend vers le fond du Canyon, mais nous nous arrêterons à la première étape de la descente. Le Canyon, c'est le contraire de la montagne : on commence par le plus facile, et après on doit remonter ! Evidement, nous nous sommes débrouillés pour entamer la remontée à l'heure la plus chaude de la journée, et il fait très chaud ici.
Durant tout notre séjour dans l'Arizona et dans l'Utah, nous ne pourrons nous empêcher de penser aux décors du désert Australien : terre rouge, végétation rare et très sèche, température caniculaire. La différence, c'est le relief américain qui contraste avec l'immensité plate du bush australien.
Le samedi après-midi, nous partons pour un baptême : notre premier vol en hélicoptère.
Vu d'en haut, le décor est encore plus impressionnant, et ces 50 minutes resteront longtemps gravées dans nos mémoires.
Comme en Nouvelle Zélande, nous nous apercevons que nous n'aurons pas le temps de tout faire pendant nos 3 semaines de camping-car. Pourtant, vu d'hélicoptère, on se dit que la descente du Colorado (minimum 3 jours, maximum plusieurs semaines) doit être une expérience extraordinaire. Une idée à retenir pour une prochaine fois ?
Le soir, nous avons la visite de deux petites filles de 8 et 9 ans (Madison et Britney) qui viennent proposer de jouer avec Garance. La communication est un peu difficile, mais elles finissent par se lancer dans une partie de 7 familles auxquels les américaines ne comprennent rien, d'autant que le jeu a été acheté en Polynésie et que les noms des familles sont imprononçables pour elles.
Le dimanche, nous quittons Grand Canyon pour rejoindre Page, au bord du lac Powell. Le lac Powell est un immense lac artificiel né d'un barrage sur le Colorado. Sur plusieurs dizaines de kilomètres, il inonde ainsi les profonds canyons du Colorado et de ses affluents. Le lac est devenu est destination prisée pour les américains qui louent un bateau pendant une semaine et peuvent naviguer dans les méandres du lac sans presque jamais croiser personne.
Le lac est situé en limite de la réserve Navajo, sur la frontière entre l'Utah et l'Arizona. Au sud, c'est un désert de sable et de rocher sur laquelle rien ne pousse. Au nord, plusieurs parcs nationaux qui semblent plus beaux les uns que les autres, mais dont la visite nécessite une certaine préparation : seuls 20 visiteurs y sont autorisés par jour ! Dix sont proposés sur Internet (complet 4 mois à l'avance) et dix font l'objet d'un tirage au sort chaque matin, parmi ceux qui se sont présentés à l'entrée du parc. Pour nous qui n'avons anticipé que la location du camping car et ne planifions jamais à plus de 24 heures en avance, cela limite un peu les possibilités. De plus, ces sites sont dénués de toutes infrastructures, ne sont souvent accessibles qu'en 4x4 ou par des randonnées de plusieurs jours. Bref, on ne décide pas d'y aller du jour pour le lendemain. Nous laissons donc de coté le Grand Straircase-Escalante National Monument et les Vermilion Cliffs, cela sera pour la prochaine fois.
A l'intérieur de la réserve Navajo, nous partons visiter les deux parties d'Antelope Canyon (Upper et Lower), ce qu'ils appellent ici des « slot Canyon ». Ce sont des canyons profonds de plus de 10 mètres, dont le fond est un chemin qui va de trente centimètres à plusieurs mètres de large, mais dont le sommet n'est constitué que d'une fine rayure de quelques dizaines de centimètres (parfois moins). Cela donne des couleurs assez incroyables, et nous passons plusieurs heures à arpenter ces canyons.
Nous avons un peu hésité à louer un bateau pour passer une journée sur le lac. Mais nous avons finalement opté pour une « croisière-diner » qui nous permettait de profiter un peu du lac au moment du coucher de soleil, sans nous bloquer toute la journée.
Le mardi 17 juin, nous continuons notre périple et repartons vers le nord-est, en nous enfonçant dans la réserve Navajo et en rejoignant Monument Valley, au sud-est de l'Utah. Nous arrivons en fin d'après midi (en plus, il y a une heure de décalage avec l'Arizona) et rejoignons directement le camping. Le soir, pour nous mettre dans l'ambiance, les propriétaires diffusent un des nombreux films de John Ford avec John Wayne tournés ici : « The Searchers » (après quelques minutes de projection, nous comprenons qu'il s'agit de « La prisonnière du désert »).
Même si nous sommes en territoire indien, John Wayne est le véritable héros du coin. Tous les magasins sont recouverts de photos de lui, il a son musée et d'innombrables « produits dérivés » à son effigie. Les enfants, qui n'avaient aucune idée de qui était John Wayne avant cette soirée, ont un peu de mal à comprendre la Wayne-mania qui règne ici.
Le mercredi, la journée commence mal. Alors que Laurent braquait pour quitter le camping, il ne réalise que trop tard que notre camping-car fait 10 mètres, et que donc l'arrière commence par pivoter sur la gauche avant de suivre le reste du véhicule vers la droite. Le pare-choc attrape au passage la colonne sur laquelle sont fixées les prises électriques du camping. Match nul, le pare choc et la colonne plient mais ne se rompent pas. Le genre de petite erreur qui va nous couter la caution du camping car...
Désireux d'oublier au plus vite l'incident, nous rejoignons le « Monument Valley Navajo Tribal Park » où nous nous retrouvons en plein dans les décors du film d'hier.
Pour continuer à nous identifier au grand John, nous décidons d'utiliser le moyen le plus adéquat pour visiter le parc : le cheval. Christine, un peu réticente au départ (ce n'était pas prévu, et une ballade à cheval nécessite une certaine préparation psychologique), est finalement partante, et c'est elle qui reviendra la plus emballée.
Les dix premiers mètres se passent bien, puis le cheval de Laurent décide qu'il faut être fou pour aller se promener en plein soleil, à midi, au milieu du désert. Il commence par essayer de faire demi-tour puis, devant le refus de son cavalier, se cabre. Pendant que Laurent git les fesses par terre (un peu vexé quand même de voir ses talents de cavalier remis en cause), le cheval part tout seul un peu plus loin, histoire qu'on ne puisse pas le rattraper.
Le temps de prendre un autre cheval, nous partons sur les traces des Westerns des années 50, avec nos beaux chevaux « Mustang » et nos vraies selles de Cow-boys. Nous revenons enchantés. De l'avis général, c'est une des plus belles ballades de notre tour du monde (les enfants en ont fait 5, Laurent 4 et Christine 3). Monument Valley est le paysage qui nous a le plus impressionné parmi ceux que nous avons fait entre l'Arizona et l'Utah.
Après la ballade, nous partons directement vers Moab, à environ 130 miles au nord. Comme Page, Moab est entouré de sites plus impressionnant les uns que les autres, et il faudrait rester plus d'une semaine pour tout voir. Là encore, nous devons faire des choix qui sont dictés par des questions de planning et d'équipements (pas de 4x4, et pas la possibilité de partir 3 jours en randonnée).
Nous ne verrons donc de Canyonlands que la vue incroyable que l'on a de Dead Horse Point (en bas, c'est le Colorado).
Ce décor nous a beaucoup plus impressionné que le Grand Canyon. On ne s'en rend pas compte sur la photo, mais cette vue de canyons sur plusieurs niveaux s'étend à l'infini.
D'une façon générale, les campings US nous semblent moins bien que leurs homologues néo-zélandais, mais il y a presque toujours un emplacement pour faire du feu avec une grille au-dessus. Les enfants sont devenus maître dans l'art de ramasser du petit bois, et le barbecue devient quasi-systématique pour le diner.
Nous prenons une journée pour visiter Arches Park. Comme son nom l'indique, le parc abrite nombres d'arches de pierre que l'érosion a creusées dans les roches ocres que l'on retrouve tout le long du Colorado, que nous suivons maintenant depuis plus de 1000 kilomètres.
Vendredi 20 juin, nous quittons Moab pour la longue route qui doit nous conduire au Wyoming. 550 miles à faire en deux jours.
Nous commençons la première journée de route en suivant les gorges étroites du Colorado, et nous la finirons dans les montagnes verdoyantes du Wyoming. Le contraste est saisissant. Entre les deux, nous faisons une incursion au Colorado où nous nous arrêtons le temps d'un déjeuner à Grand Junction. C'est une ville typiquement américaine, c'est-à-dire que ce n'est pas une ville mais une autoroute entourée de parkings gigantesques et de centres commerciaux avec leurs inévitables Food-Court.
Nous terminons ainsi la première partie de notre circuit dans l'ouest américain, où nous avons arpenté le nord de l'Arizona et le sud de l'Utah. Pour en faire vraiment le tour, il faudrait 3 semaines et nous n'y avons consacré que 8 jours. Malgré tous ceux que nous avons déjà vus, nous avons été bluffés par les paysages de cette région, à commencer par Monument Valley, Canyonlands et Antelope Canyon.
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le camping-car n'est pas le meilleur moyen de lier des contacts. On roule beaucoup (les distances ici sont énormes). Une fois arrivé, on mange, on joue aux cartes ou on regarde une vidéo en famille. Les restaurants sont souvent un lieu privilégiés de rencontre, mais nous ne les fréquentons presque plus maintenant que nous avons la possibilité de faire notre propre cuisine. D'autre part, les américains qui fréquentent les campings ne sont pas toujours les plus intéressants...
Malgré cela, nous aurons fait de belles rencontres et nous sommes toujours surpris par l'a priori très favorable pour les français. Il ne faut décidément pas croire ce qu'on raconte à la télé. Tous les américains que nous avons croisés- y compris ceux qui se promènent avec la bannière étoilée dressée sur la caravane et l'autocollant « Vote for McCaine » sur la vitre arrière, et que l'on peut supposer « républicain tendance favorable à la guerre en Irak » - se sont montrés bienveillants et plutôt sympas.
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Fanny-la-mignonne
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