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5/06/2008 - Sur la route des incas

Los Angeles, le 3 juin 2008

Nous arrivons à Puno le dimanche 25 mai vers 17h. La ville est plutôt moche, et notre hôtel ne remonte pas le niveau. Le personnel est plein de bonne volonté, mais cela ne rattrape ni les douches tièdes, ni le froid de canard dans les chambres (il faut s'y faire, il n'y a presque jamais de chauffage dans les hôtels des Andes), ni l'installation électrique précolombienne.

Les péruviens nous semblent plutôt accueillants. Pour dire la vérité, nous ne leur trouvons guère de différences par rapport à leurs voisins Boliviens.

Dès le premier soir, Antoine (surnommé : le ventre) veut gouter le plat de fête national : le cochon d'inde. Il commande donc un « cuy », mais ce qu'il voit dans son assiette ne fait que confirmer ce que nous savions déjà : cela ressemble vraiment au rat grillé que nous avions vu au Laos, la queue en moins. Il n'est d'ailleurs pas emballé par le goût, et ne renouvellera pas l'expérience.

Comme pour presque chaque nouvelle ville visitée, nous occupons notre premier jour à Puno à réserver le prochain transport, à consulter nos messages, à mettre à jour le blog (pour les parents) et à se mettre à niveau du CNED (pour les enfants). Dans l'après-midi, nous partons visiter le « Yavari ». Ce bateau avait été acheté dans les années 1860 par l'armée Péruvienne à l'Angleterre. Il avait été transporté en pièces détachées jusque Arica (sur la côte Pacifique), puis par train et à dos de mule jusqu'à Puno. Ce voyage avait duré 6 ans. Abandonné, il a été racheté par une anglaise passionnée il y a vingt ans. Il est toujours en cours de rénovation mais devrait de nouveau naviguer sur le lac Titicaca dans quelques mois.

Nous décidons d'écourter notre séjour à Puno et de partir un jour plus tôt à Cuzco. Après notre séjour sur l'Isla del Sol côté Bolivien, nous préférons renoncer à l'Isla Taquile (Les deux îles se ressemblent, et il faut 3 heures de bateau pour se rendre à Taquile). Mais avant de partir, il nous reste à voir les îles flottantes.

Ces îles sont habitées par les indiens Uros, qui n'avaient pas trouvés mieux que de s'installer sur le lac Titicaca pour échapper à d'autres tribus trop agressives. Ils y vivent toujours, sur des « îles » (en fait des radeaux de plusieurs centaines de m²) faites de roseaux séchées. Leur principale ressource est maintenant le tourisme, et ils s'y donnent à fond : il ne faut pas espérer visiter ces îles dans le calme et la solitude...

Malgré les désagréments du tourisme de masse, nous avons apprécié la ballade et le côté atypique de ces villes flottantes (il y a même une poste, des écoles et des églises) posées sur un lit de paille, avec 20 mètres d'eau en dessous.

 

 

Le côté le plus désagréable de la visite, nous ne l'avons découvert que plus tard, quand Laurent s'est aperçu qu'il avait perdu le téléphone portable. Ce n'est jamais que le deuxième du tour du monde qui disparait (le premier n'a pas été perdu, il a été noyé sous les pluies australiennes)...

Vers 16h, nous partons de Puno dans des bus super-confortables. Six heures plus tard, nous arrivons à Cuzco où nous attend Antoine, propriétaire de l'hôtel Mosq'oywasi (la maison des rêves en Quéchua, http://www.mosquoywasi.com/).

Nous avons trouvé les coordonnées d'Antoine quand nous étions à La Paz et que nous consultions le site http://www.voyageforum.com/ (une de nos principales sources d'information avant et pendant le tour du monde. Une extraordinaire mine d'information pour préparer vos prochaines vacances, et dont nous ne vous avions pas encore parlée. C'est maintenant chose faite).

Le Mosq'oywasi est un petit hôtel (5 ou 6 chambres) du quartier San Blas, l'un des plus typiques de Cuzco avec ses ruelles en pente. Nous y passons 5 nuits. Les chambres sont plutôt spacieuses, nous avons une superbe vue sur Cuzco et les montagnes aux alentours, et le petit déjeuner est, selon Garance, « un des 4 meilleurs du tour du monde ».

Les trois premiers jours sont plutôt calmes : CNED, visites d'églises et de musées, et beaucoup de ballades dans la ville. Le problème, c'est que Cuzco est à 3300 mètres, et que toutes les rues sont en pente. Nous avons beau, depuis un mois, être la plupart du temps au dessus de 3000 mètres, nous (= les parents) sommes toujours aussi rapidement essoufflés dès qu'il faut monter un escalier de plus de 10 marches. Nous avons l'impression d'avoir pris 30 ans depuis le départ de Santiago !

Cuzco est une superbe ville, qui mêle les caractéristiques des villes incas (dont elle était la capitale) et des villes coloniales espagnoles. En fait, les Espagnols ont rasés les temples et les palais incas mais ont gardé les fondations, et ont construit leurs églises et leurs couvents dessus.

Coté pérennité, les incas sont largement vainqueurs : depuis Pizarro (le conquistador qui a conquis le Pérou), les églises se sont écroulées deux ou trois fois à la suite des principaux séismes, alors que les murs incas n'ont pas bougés...

La cathédrale de Cuzco, sur la Plaza de Armas

Le samedi 31 mai, nous partons avec Antoine vers la vallée sacrée. Il s'agit d'une vallée parallèle à celle de Cuzco et qui constituait le cœur de l'empire inca.

Nous commençons par Pisaq.
 

Après un arrêt au village d'Urubamba, nous partons vers le site de Morey, dont on pense qu'il servait de laboratoire agricole aux incas.

C'est là que nous déjeunons, rejoint par Catherina, la femme d'Antoine, qui nous a préparé le pique-nique.

Nous rejoignons ensuite les Salines de Maras, construites par les incas.

Pour terminer, nous rejoignons Ollantaytambo, une des villes incas les mieux conservées. C'est là que nous dinons en compagnie de Catherina et d'Antoine qui, tenant absolument à nous fournir une prestation irréprochable, ont même prévu le Pisco Sour. Emportés par l'élan, ils en servent même un à Antoine qui se dépêche de le boire, sous l'œil jaloux de sa sœur. Après le diner, nous nous séparons devant le train qui nous emmène jusqu'Aguas Calientes, où nous devons passer la nuit au pied du Machu Picchu.

Le train part à 20h30, et doit arriver vers 22h10. En fait, nous arrivons à presque Minuit : un peu avant l'arrivée, nous avons senti un choc et le train a brutalement freiné pour ne plus repartir. Une locomotive de secours a dû venir nous chercher. Divers bruit circulent pour expliquer la panne : une voiture heurtée, un câble de frein rompu, ... En fait, nous apprendrons le lendemain qu'un gardien d'un site archéologique voisin, peut-être ivre, est passé sous le train...

Bien que nous nous couchions un peu après Minuit, nous demandons à l'hôtel de nous réveiller à 5h. Avant, c'était le téléphone perdu par Laurent qui nous servait de réveil ! Nous voulons prendre le premier bus pour le Machu Picchu à 5h30, pour profiter de la lumière de l'aube et de quelques minutes de calme avant l'arrivée des foules touristiques. En fait le réceptionniste nous réveille à 5h25. Raté pour le premier bus, nous prenons celui de 6h et quand nous arrivons, il y a déjà la queue pour entrer sur le site !

Malgré la foule qui se presse dès l'aube, malgré le temps nuageux, malgré les brumes matinales, malgré les 5 petites heures de sommeil dures à digérer pour les enfants, la première vision qu'on a sur le site est inoubliable.

Le Machu Picchu est remarquable par le fait que cette ville inca a été totalement préservée, ayant été abandonnée à l'époque de l'arrivée des conquistadores. Elle n'a été « redécouverte » par les occidentaux qu'à la fin du XIXème siècle, puis restaurée par un américain à partir de 1911. Nous ne pouvons pas nous empêcher de faire la comparaison avec Angkor : à peu près la même époque, et des prouesses architecturales et artistiques qui se valent (les sculptures pour l'un, les pierres qui s'emboitent au millimètre pour l'autre, et qui tiennent sans aucun mortier). La différence, c'est qu'Angkor est infiniment plus étendu que le Machu Picchu. Mais au crédit de ce dernier, le spectacle n'est pas uniquement sur le site, il est aussi autour. Les montagnes qui entourent le Machu Picchu sont immenses, recouvertes de forêt tropicale (l'Amazonie n'est pas très loin) et leurs parois sont presque verticales. Cela fait aussi penser aux montagnes karstiques du sud de la Chine, mais là nous sommes au milieu des Andes !

 

 

Vers 13h, nous redescendons à Aguas Calientes pour déjeuner. Un train nous ramène ensuite à Ollantaytambo où un taxi doit venir nous chercher. Surprise, c'est Antoine qui nous attend. Il avait des doutes quant à la fiabilité du chauffeur, et a préféré venir s'assurer que nous ne restions pas en rade ici. Ensemble, nous prenons la route de Cuzco, ne nous arrêtant que pour la gouter la Chicha, alcool de maïs très léger, qui fait un peu penser au cidre, et que les péruviens boivent en toutes occasions.

Nous quittons Cuzco le lundi 2 juin en début d'après midi. Juste avant de partir, nous avons rencontré au restaurant une famille avec deux enfants qui voyage aussi pendant un an, du Canada à l'Argentine en Camping car (cf lien vers les apprentis voyageurs, ci-contre). Et nous qui croyions avoir eu une idée originale !

Nous rejoignons Lima où nous devons passer 7 heures, en attendant notre vol pour Los Angeles. Ainsi s'achèvent nos deux mois en Amérique du Sud. C'était le continent où nous savions le moins à quoi nous attendre, et où nous avions mis le plus de temps à choisir les pays à traverser. Encore une fois, cela a été une bonne surprise. Nous ne nous attendions pas à des paysages aussi magnifiques en Patagonie, à San Pedro de Atacama ou au Salar d'Uyuni. Nous craignions un peu, à tort, l'insécurité de l'Amérique latine, contre laquelle on nous avait beaucoup mis en garde. Nous avons été surpris par la facilité et la chaleur des contacts avec les Chiliens, Argentins, Boliviens et Péruviens. Et nous nous sommes impressionnés nous même par notre capacité (et surtout par celle des enfants) à nous mettre (ou nous remettre pour Christine) à l'espagnol. Maintenant que nous sommes arrivés aux US, c'est dur de ce remettre à l'anglais et les serveurs ont toujours droit à un « Gracias » quand ils amènent les plats.


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12/06/2008 - Bonne continuation aux USA !!
Publié par Katharine & Antoine
Merci pour les belles photos. Je vais essayer de mettre les notre aussi sur notre blog. Nous espérons que vous garderez un bon souvenir du Mosqoywasi et de notre petite promenade dans la Vallée Sacrée.

à bientôt, à Paris ou ailleurs dans le monde.

Katharine et Antoine
Mosqoywasi, Cusco.

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12/06/2008 - Antoine !!!
Publié par Antoine
Hola Tocayo, essaye quand même de ne pas trop manger, tes amis ne vont plus te reconnaître à l'arrivée à Paris ;-)

à bientôt

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