|
Uyuni, le 5 mai 2008
Retour à Santiago. Nous arrivons le dimanche 20 avril. Après le quartier « Barrio Brazil » où nous nous étions posés il y a quinze jours, nous nous installons cette fois dans le « Barrio Bellavista ». L'hôtel est dans le même genre que le premier (bel immeuble ancien rénové), mais cette fois nous avons le droit à une salle de bain privée. Le quartier est aussi plus animé : nombreux bars et restos, et beaucoup d'étudiants (et de fêtards). Notre premier ressenti est confirmé : Santiago est vraiment une ville agréable, plutôt joli, qui ressemble beaucoup aux villes européennes. Le climat est aussi agréable: on est vers la fin de l'automne, et on se promène encore en T-shirt.
Le lundi, on s'occupe de l'administratif : CNED, réservation des hôtels pour Valparaiso et San Pedro. Nous retournons à la poste centrale, sans conteste le bâtiment que nous aurons le plus visité à Santiago, pour nous délester des masques, tubas et divers babioles achetés depuis la Polynésie en les renvoyant en France. Nous espérons aussi récupérer les deux lettres que nous attendons poste restante, mais celle-ci resteront introuvables. Nous n'avons plus qu'à espérer qu'elles seront renvoyées en France d'ici quelques semaines. C'est la première fois que nous rencontrons un problème avec la poste restante.
Le mardi, nous partons à l'ascension du Cerro San Cristobal, dominé par une statue de la Vierge. La colline, à laquelle on accède par un funiculaire, permet d'avoir une vue à 360° sur la ville. Malheureusement, pendant tout notre séjour à Santiago, le ciel sera toujours trop couvert pour nous permettre de voir les sommets des Andes au dessus de la ville.

Le mercredi, nous louons une voiture et partons au sud-est de Santiago, vers le Cajon del Maipo. Etant donné que nous commençons par un passage à la poste, qu'il y a des bouchons, et que nous avons bien du mal à trouver notre route (les panneaux, ce n'est pas leur fort aux Chiliens), il est déjà 1 heure quand nous parvenons enfin à sortir de Santiago. Du coup, nous n'irons pas plus loin que San Gabriel, à environ 80 km. Nous aurons quand même le temps de faire une belle ballade à San Alphonso, vers une belle cascade.
Le jeudi, nous quittons Santiago (notre hôtel est complet pour ce soir) et partons pour Valparaiso. Le nom nous évoque le temps de la marine à voile, quand le canal de Panama n'existait pas et que les bateaux venaient faire escale à Valparaiso après avoir passé le Cap Horn.
Le bas de la ville, et même son port, sont assez quelconques. Mise à part la place Sotomayor, où se trouve le centre de commandement de la marine Chilienne (ci-contre), les rues sont plutôt sales et les bâtiments décrépis.Le véritable intérêt de Valparaiso consiste à se promener sur les Cerros, ces collines qui entourent la ville basse, et qui y sont reliées chacune par un funiculaire dont la plupart ont dépassés depuis longtemps la date limite d'utilisation. Là, on trouve les belles maisons, vestiges du riche passé de la ville, les rues en pente et les maisons colorées qui sont les signes distinctifs de Valparaiso. C'est aussi là que l'on trouve les hospedajes (les B&B locaux) et les restaurants sympas.

Le lendemain, avant de rentrer sur Santiago, nous passons par Vina del Mar, présentée comme la ville balnéaire chic où les riches habitants de Santiago et de Valparaiso viennent passer leurs Week-End et leurs vacances. Il faut peut-être y passer plus de temps pour découvrir les charmes de la ville, parce que nous ne les avons pas trouvés. Il n'y a que la plage qui semble avoir un intérêt.
Après un dernier passage à Santiago (et sa poste centrale), nous partons pour San Pedro de Atacama où nous arrivons le samedi midi. Déjà, la route depuis l'aéroport de Calama nous donne un premier aperçu du désert d'Atacama, le plus sec du monde. L'arrivée à San Pedro nous surprend : Pour les parents, on se croirait dans un village à la frontière entre le Mexique et le Texas, dans un film de Sergio Leone. Pour Antoine, cela ressemble au village des Skywalker sur Tatouine (orthographe ?), dans « Star Wars ».
Une des choses les plus difficiles ici, c'est de savoir comment s'habiller. Il fait très chaud la journée, et un T-shirt suffit largement. Le soir, après le coucher du soleil, et plus encore le matin très tôt, il fait très-très froid. Là, il faut ajouter le polaire et la doudoune, et si possible le caleçon long sous le pantalon. Ca a l'air simple, mais pas pour tout le monde : nous avons vu une anglaise en short de plage et tongs, au moment du coucher du soleil à quelques kilomètres de San Pedro. Aux dernières nouvelles, ils la décongèlent au chalumeau.
Le village de San Pedro de Atacama mérite largement sa réputation, et l'intense fréquentation touristique ne lui a pas enlevé son caractère. Les rues ne sont toujours pas goudronnées, l'électricité ne fonctionne pas tous les jours, et les chiens semblent les vrais propriétaires des rues. Comme souvent depuis que le début de notre voyage, nous constatons que les français sont majoritaires parmi les touristes. Même parmi les habitants, il y a pas mal de français installés ici, tel Michel, toulousain accueillant et volubile, patron du restaurant « La cave ».

Nous sommes à San Pedro de Atacama pour 6 jours. Nous avons la chance (nos premiers choix étaient complets) de nous installer à l'hospedaje « Quinta Adela ». L'hôtel est tenu par une famille regroupant trois générations, qui se sont montrées adorables. C'est le genre d'hôtel où l'on a l'impression d'être invité chez des gens que l'on ne connait pas. A tel point qu'au bout de 3 jours, nous serons conviés à prendre le petit déjeuner directement dans la cuisine des propriétaires, pendant que les autres clients, moins bien traités que nous, devaient le prendre au soleil dans le jardin... Nul doute que les enfants sont pour beaucoup dans la chaleur de cet accueil. Les adieux (à rebondissement, on le verra plus tard), ont été les plus appuyés que nous n'ayons jamais eus. Vous en connaissez beaucoup des hôtels où la grand-mère vient vous faire la bise au moment du départ ?
Si San Pedro est devenu si touristique, c'est avant tout parce qu'il y a dans les environs assez d'activités et de sites à visiter pour occuper n'importe quel touriste pendant plus d'une semaine. Nous avons donc du faire des choix.
Pour les sites, nous avons vu :
Le Salar d'Atacama avec, au milieu, la Laguna Chaxa et ses colonies de flamands roses
Les Lagunas Miscanti et Miñiques, notre première expérience à plus de 4000 mètres (4200 exactement). Pablo, notre guide, pousse le vice jusqu'à nous faire faire une très joli ballade de 40 minutes. Mais à cette altitude, chaque pas est difficile. Compatissant, Ian, un copain argentin de Pablo, prend Garance sur ses épaules et continue à gambader joyeusement pendant que nous devons nous arrêter tous les 10 mètres pour reprendre notre souffle !
La Laguna Miscanti
La Laguna Miñiques. A droite, c'est Pablo
La vallée de la Luna, d'où on vient voir des couchers de soleil magnifiques sur la Cordillère des Andes.

Enfin, le champ de Geyser du volcan El Tatio, à 4300 mètres. Leur seul défaut est que l'aube est le meilleur moment de la journée pour les voir. Il faut se lever à 3h30, partir à 4 pour y arriver à 6 ! Et à 6 heures du matin à 4300 mètres d'altitudes, la température est plutôt fraiche.
Nous avons la chance que Pablo n'aime pas trop les colonnes de touristes. Du coup, il s'arrange toujours pour nous emmener à l'écart des foules, où pour nous faire faire les visites dans le sens inverse de celui des autres agences. A Tatio, il nous emmène ainsi un peu plus loin que les autres, à 4500 mètres, voir d'autres geysers auxquels les touristes n'ont normalement pas accès.
Outre ces excursions qui nous occupent plus de la moitié du temps, nous profitons de notre passage à San Pedro de Atacama pour approfondir nos connaissances en astronomie. Le nord du Chili est connu pour avoir le ciel le plus propice à l'observation de l'espace. Les plus grands télescopes du monde sont situés dans la région. Un astronome français s'est établi ici et organise tous les soirs une découverte du ciel. Il a installé ses cinq énormes télescopes dans le désert (pas de pollution visuelle) et nous fait profiter, avec beaucoup d'humour, de ses connaissances encyclopédiques des étoiles, qu'il connait toutes par leur petit nom.
Nous sommes devenus incollables sur les galaxies, constellations, étoiles et super-nova, et mettons maintenant moins de cinq secondes pour repérer la Croix du Sud, la ceinture d'Orion et Sirius. Côté planète, nous avons observé Mars et surtout Saturne, de loin la plus impressionnante à regarder dans l'objectif. Nous avons collé celui de l'appareil photo à celui du télescope pour vous faire un peu profiter du spectacle.
Enfin, puisque San Pedro est un des rares endroits du monde où on peut le pratiquer, les enfants insistent pour faire du Sandboard : c'est comme du snowboard, mais à la place de la neige c'est du sable. On en fait dans la vallée de la Muerte (une partie de la vallée de la Luna), où il y a une énorme dune de sable. Les parents s'abstiennent, et les enfants se régalent, autant par les glissades que par les chutes.

Vendredi 2 mai à 9h, nous quittons donc avec effusion nos hôtes du Quinta Adela. Un chauffeur d'une agence de San Pedro nous emmène à Hito Cajon, le poste de frontière bolivien (plutôt sommaire) à 4400 m d'altitude.
Là, nous avons rendez-vous avec le chauffeur-guide bolivien qui doit nous faire traverser le Sud-Lipez (la région quasi-désertique du sud-ouest de la Bolivie) pendant les 5 prochains jours. Quand nous arrivons, il n'est pas là. 3 heures plus tard, toujours pas. Evidemment, il n'y a ici aucun moyen de communiquer ni avec San Pedro, ni avec la Bolivie. Nous décidons donc de repartir à San Pedro. Nous reprenons une chambre au Quinta Adela (surprise des propriétaires !) et essayons de joindre, sans succès, l'agence de La Paz qui nous a organisé le tour. Nous ne savons pas ce qui s'est passé ni, surtout, quand nous pourrons repartir. Enfin, vers 18h, l'agence nous appelle. Le chauffeur est tout simplement tombé en panne en venant nous chercher. Il a changé de voiture et nous pouvons partir demain.
Après ce faux-départ, nous quittons le Chili après y avoir passé plus d'un mois (interrompu par 4 jours en Argentine), île de Pâques inclus. Nous ne nous attendions pas forcément à trouver des gens aussi accueillants et aussi chaleureux. Les 3 régions que nous avons visités (Patagonie - Santiago et Valparaiso, San Pedro de Atacama) nous ont toutes énormément plus. On ne met pas de classement, parce que l'on n'est pas d'accord entre nous ! En guise de consensus, voici notre conseil : Si vous venez au Chili, passez impérativement une petite semaine à San Pedro, quelques jours à Santiago, au moins une semaine en Patagonie pour faire le Torres del Paine au Chili et le Perito Morino en Argentine, trois jours pour faire la croisière inoubliable d'Ushuaia à Punta Arenas via le Cap Horn, et 5 jours pour découvrir l'île de Pâques. En un peu plus de trois semaines, vous devriez donc y arriver. Sans compter bien sur les régions du Chili que nous n'avons pas vu (la région des lacs, Chiloé, ...) et qui peut-être méritent aussi un détour.
|