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3/04/2008 - Iles Sous-le-Vent et l'archipel des Tuamotu

Papeete, le 30 mars 2008

En quittant Moorea, nous sommes partis pour Huahine, une autre île de l'archipel de la Société, mais plus à l'ouest. Elle fait partie, avec Tahaa, Raiatea et Bora-Bora des îles « Sous-le-Vent », par opposition aux îles du vent (principalement Tahiti et Moorea). Nous y avons retenu une petite maison dans la baie de Maroe, et le propriétaire fournit avec la maison une voiture et un bateau (une barque avec un moteur). Nous y sommes comme des rois. En plus, la maison se situe au milieu d'un grand jardin et celui qui l'entretient nous amène tous les jours des avocats énormes, des noix de coco, des pamplemousses, des oranges, ....

Dès le lendemain de notre arrivée, nous sommes rejoints sur l'île par Colette, Jean-Pierre et leurs amis, qui logent dans le seul hôtel de l'île. Comme à Moorea, nous en profitons très largement. Cet hôtel n'étant accessible que par la mer, nous y allons la première fois avec notre barque. Mais le retour est un peu difficile. Quand le soleil est bas, la couleur de la mer devient uniforme et on ne voit plus les récifs. Résultat, nous finissons échoués à 250 mètres de notre ponton ! Il nous faudra plus de 15 minutes pour nous dégager et nous décidons sagement, pour le lendemain, de prendre la navette. Pour le tour du monde à la voile, ce n'est pas gagné...

Nous referons quand même une promenade en bateau le dernier jour, pour aller pique-niquer sur un motu de sable blanc, en limite du lagon.

Le reste de la semaine à Huahine a passée assez vite. Les enfants ont fait une ballade à cheval, et se sont même baigné avec leurs montures ! Nous avons fait le tour de l'île, découvert des points de vue magnifiques, visité le petit musée local et rencontré la curiosité du coin : des anguilles à yeux bleus, qui ne vivent que dans une rivière de Huahine.

Le lundi 17, nous partons pour le but ultime du tour du monde de Christine : Bora-Bora ! Nous ne devions pas y aller, mais les avions d'Air Tahiti en ont décidé autrement. Entre Huahine et Fakarava, il faut y passer une nuit. Du coup, nous nous installons pour un peu moins de 24h dans une chambre sublime, en bord de lagon. Le rêve est un peu gâché par quelques nuages à notre arrivée, mais ils s'en vont rapidement pour nous laisser profiter des eaux turquoise, des transats et de la piscine.

Le lendemain, dans le bateau qui nous ramène de l'aéroport, nous rencontrons Sophie et Jérome, eux aussi en tour du monde (5 mois seulement, les petits joueurs !). Le hasard fait que nous allons dans la même pension à Fakarava, et que nous repartons le même jour vers Rangiroa.

En arrivant à Fakarava, nous avons l'impression d'être enfin arrivé en Polynésie. Comme toutes les îles des Tuamotu, c'est un atoll, c'est-à-dire que l'île « d'origine » c'est entièrement enfoncé dans l'océan, et qu'il ne reste plus que l'anneau de corail qui a poussé sur ses flancs. A l'intérieur de l'atoll, le lagon est immense : environ 60 km de long sur 25 de large. D'un bord du lagon, on ne voit pas l'autre rive. Dès qu'on met la tête dans l'eau, on se trouve fasse à une multitude de poissons, de raies et de requins. L'Eden devait à peu près ressembler à ça.

Nous sommes logés dans une pension simple mais très sympa. Le propriétaire a également une ferme perlière (une des principales activités des Tuamotu), et il organise régulièrement des « chasses au trésor » où l'on doit choisir une huitre et où on gagne (moyennant 2500 francs pacifique) la perle qui, éventuellement, s'y trouve. Les enfants jouent et gagnent : chacun une perle.

Notre bungalow c'est le deuxième en partant de la gauche :

La semaine que nous avons passée ici est surement la plus belle que nous avons passée en Polynésie., Nous y avons tous plongés (Antoine et Laurent 2 fois), fait du snorkeling, et beaucoup mangé : les diners à la pension étaient excellents, les déjeuners au snack d'à coté du même niveau (goutez le tartare de thon ou le Mahi Mahi !).

De l'autre côté de l'atoll, après la passe de Garuae, nous sommes allés voir le lagon vert : c'est une sorte de lagon à l'intérieur du lagon. Là encore, on y croise de superbes poissons et des tortues. Les décors sont prodigieux.


Le vendredi, Jérome et Sophie, plongeurs infatigables et obsessionnels, partent dans la partie sud de l'île pour découvrir l'autre passe, celle de Tumakohua. A la pension, ils sont remplacés par la famille Mariatte, profs expatriés à Tahiti et qui profitent des vacances de Pâques pour visiter les îles. Ils ont deux filles, Claire et Carole, qui deviendront très vite inséparables avec Antoine et Garance. Eux aussi partiront en même temps que nous à Rangiroa, où ils logeront dans la même pension que Jérome et Sophie. Le monde est petit, et la Polynésie encore plus...  

 

A Rangiroa, nous logeons dans un des plus beaux hôtels de l'île (l'annulation du voyage aux Marquises a dégagé un excédent budgétaire). Avec la famille Mariatte, nous partons pour une journée d'excursion à l'île aux récifs, qui doit son nom aux coupantes formations volcaniques (voir ci-contre), et au lagon bleu (l'équivalent du lagon vert de Fakarava, en encore plus beau).


Au bord du lagon bleu, il y a multitude de requins à pointes noires (les plus inoffensifs), tout petit près du bord, un peu plus gros dès qu'il y a du fond. Comme partout en Polynésie, la principale raison de leur présence en si grand nombre près des côtes est le système de « feeding » : les polynésiens attirent les requins en agitant du thon dans l'eau. Ici, ils poussent le système (discutable) jusqu'à faire baigner les touristes (nous) au milieu des dizaines de requins rendus à moitié fous par la nourriture. Comme souvent, c'est l'inconscience du danger qui rend courageux, et ce sont donc les enfants qui ont plongé, pendant que les parents se demandaient si les requins pointes noires sont si inoffensifs qu'on le dit.

Au niveau sportif, nous avons continué notre entrainement de Jet Ski et, pour Antoine et Laurent, celui de plongée, avec notamment leur première plongée « dérivante » dans la mythique passe Tiputa, où ils ont vues raies Manta (surement ce qu'il y a de plus beau à voir sous l'eau) et raies Léopard. Seule déception : ils n'ont pas vu de requins marteaux et, surtout, n'ont pas croisés les dauphins qui sont pourtant très nombreux dans les environs.

Dimanche 30 mars, nous quittons Rangiroa pour rejoindre Papeete, où nous avons 10 heures d'attente avant notre vol pour l'île de Pâques, que nous passons à l'hôtel Intercontinental.

Ainsi s'achève nos 5 semaines en Polynésie. Après un séjour en demi-teinte à Moorea, nous avons été enchantés par Huahine et surtout par les Tuamotu. Les polynésiens sont souvent accueillant et chaleureux, même si on tombe parfois dans les hôtels sur des employés qui montrent très clairement que le travail, ce n'est pas leur truc, et que chacune de vos requêtes entrainent pour eux une surcharge de travail inacceptable.

Les français résidant en Polynésie, en tout cas ceux que nous avons rencontrés, regrettent souvent la difficulté de s'intégrer à la population polynésienne. Beaucoup se montrent aussi très critiques envers la population et le gouvernement local, mettant en avant que peu est fait pour exploiter le potentiel touristique des îles. Il semble que la Polynésie continue de se reposer très largement sur la « générosité » Française (qui date de l'époque où la France avait un besoin impératif de paix sociale pour continuer tranquillement les essais nucléaires), ce qui pose la question de la capacité de la Polynésie à se suffire à elle-même pour accéder un jour à l'indépendance. Ce qui apparait très nettement avec un regard extérieur, c'est que le niveau de vie dans ce pays où tout est hors de prix (le franc pacifique est indexé sur l'euro) ne correspond pas vraiment au niveau de développement économique des îles.

Pour Christine, le choix de la Polynésie comme destination « number one » du tour du monde a été confirmé. Elle a adoré (Ah ! la couleur des lagons !). Nous prenons maintenant le chemin du retour - dans 4 mois, nous serons à Paris !


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