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Townsville, le 10 janvier 2008
Uluru est le nom aborigène de Ayers Rock, c'est-à-dire du rocher rouge qui est devenu l'emblème de l'Australie.
C'est à coté de là que nous atterrissons le mercredi 2 janvier. L'ouverture de la porte de l'avion nous a fait la même impression que quand on ouvre la porte du four pour vérifier que le gratin est assez cuit. Plus de 40° à l'ombre, et donc surement facile 50 sur le tarmac de l'aéroport.
Nous récupérons vite notre grosse voiture « spécial désert » et partons pour l'hôtel. A 10 km d'Uluru, en plein désert, un village a été créé et regroupe les motels, un supermarché et un resto. Les motels ne sont pas terribles, ils sont chers mais il n'y a pas vraiment de concurrence, la première ville (Alice Spring) étant à plus de 500 km.
Nous décidons de profiter de la fin d'après-midi, une fois les fortes chaleurs passées, pour aller voir les monts Olgas (Kata Tjuta en Aborigène), à environ 50 km d'Uluru. Il s'agit d'un groupe de monolithes qui, eux aussi, passent par différentes teintes de rouge selon la position du soleil.
En arrivant, nous nous lançons dans la petite marche (1,3 km l'aller) qui permet de rejoindre l'endroit où les deux premiers monts se rejoignent (cf photo ci-dessus). Mais nous avons un peu surestimé la baisse de température en fin d'après midi. C'est une vraie fournaise et, en plus, nous n'avons prévu qu'un litre d'eau. Tout le monde souffre, et Garance et Christine devront renoncer à mi-parcours.

Après cette entrée en matière, nous resterons quand même jusqu'au coucher de soleil, et on ne le regrettera pas. On en prend plein les yeux.
Le lendemain matin, réveil à 5h30 pour aller voir le lever du soleil sur Uluru. A 6 heures, nous sommes sur place, et pour certains c'est un peu dur. Nous sommes impressionnés par le nombre de gens capables de se lever tôt pour voir le soleil se lever sur un rocher !
Et en plus, il faut reconnaitre que le monolithe est superbe et très impressionnant, mais pas plus à 6h du mat qu'à 9h ou à 17h. Enfin, on pourra dire qu'on l'a fait, et les ballades à pied autour d'Uluru sont quand même plus supportables à cette heure-là.

En fin de matinée, nous prenons la route pour notre prochaine destination. 300 km dans le désert rouge. Pour le déjeuner, nous n'avons pas le choix : il y a une seule station service/bar/épicerie/restaurant/motel. Le décor est assez irréaliste. On se croirait dans un Western.
Nous continuons la route jusque Kings Canyon, que nous ne visiterons que le lendemain matin après une soirée dans le « saloon » local passé à jouer à la belotte. Décidément, il y a un air d'Amérique ici.
Vendredi, donc, c'est une famille équipée qui part à la découverte du Kings Canyon.
On a peut être l'air ridicule comme ça, mais cela vaut mieux que de se faire manger vivant par les mouches les plus agressives (et les plus nombreuses) qu'on ait jamais vu. Cette fois, nous avons aussi prévu la réserve d'eau suffisante. Malgré cela, nous n'avons pas le courage d'escalader le canyon et de nous lancer dans la marche de 4 heures qui longe la crête du Canyon. Nous nous contentons donc d'une marche d'une heure au fond du Canyon, mais c'est déjà pas mal quand il fait 40° à 8h du matin !
Il est à peine 10h quand nous repartons. Cette fois, plus de route, uniquement de la piste ! On peut dire que nous sommes vraiment dans le désert.
Antoine en profite pour faire sa première leçon de conduite, avec le volant à droite et en passant les vitesses de la main gauche !
Pour déjeuner, nous décidons de faire un détour de 80 kms pour nous arrêter au village aborigène d'Hermannsburg. Mauvaise surprise : à part le petit supermarché local, tout est fermé et nous n'aurons droit qu'à un mauvais sandwich. En guise de rencontre local, nous croisons des Français qui habitent Singapour et qui, eux aussi, voulaient rencontrer quelques aborigènes et qui devront se contenter de la caissière du supermarché...
Nous poursuivons notre route vers l'étape suivante, Glen Helen Gorge. L'hôtel sera de loin le plus sympa de notre séjour dans le centre de l'Australie, dans une ancienne ferme, tout près d'un « Billabong » situé au milieu de la gorge. Un « Billabong » est un trou d'eau, qui atteint souvent plus de 10 mètres de profondeur, situé sur le lit d'une rivière. Quand la rivière s'assèche, le billabong devient donc un point d'eau pour les animaux et les aborigènes du coin et, dans notre cas, peut aussi servir de piscine pour se rafraichir.

Notre periple au centre de l'Australie a aussi été marqué par les débuts de la nouvelle passion d'Antoine : le boomerang. Le premier finira sa vie ici, à peine acheté, fracassé contre un arbre.
A l'hôtel, nous aurons droit à notre premier véritable BBQ australien et même à un mini-concert par un chanteur sorti d'on ne sait où (Alice Spring est à 200 kms) et qui a repris des chansons de Bob Dylan toute la soirée. C'était un peu trop pour Garance.
Le samedi matin, pour partons pour notre dernière étape. Tout au long de la route vers Alice Spring, nous multiplions les arrêts pour découvrir les curiosités géologiques plus sublimes les unes que les autres.
Ormiston Gorge
Ochres Pits, où les Aborigènes se fournissaient en pigments blancs, jaunes, roses ou rouges.
Ellery Creek Big Hole, très fréquenté par la population locale
Standley Chasm
Pour tous ceux qui comptent venir en Australie, un détour pour venir voir Uluru et les autres sites est quasi-obligatoire. Mais l'expérience qui nous aura le plus marquée, la plus extraordinaire, est cette longue étape entre Kings Canyon et Glen Helen, sur la piste de terre rouge, où nous n'avons pas du voir plus de 5 autres voitures en 300 kms. A ce moment là, on s'est senti vraiment très loin de chez nous.
Bien que Alice Spring soit une des villes les plus connues d'Australie, c'est une toute petite ville (25 000 habitants) et, de ce que l'on en a vu, cela a l'air assez mort. Si elle est toujours représentée sur les cartes du pays, c'est surement parce que c'est la seule ville situé au centre et que, sans elle, il y aurait un grand trou au milieu de la carte.
Nous n'y passons que quelques heures, le temps pour Antoine d'essayer son nouveau boomerang et pour les parents d'écrire l'article sur Sydney. Nous repartons le dimanche après-midi pour Cairns et le Queensland, vers lequel, d'après les journaux, se dirige le cyclone qui vient de frapper le nord du pays. On dirait qu'il n'y a pas qu'en France qu'il fait mauvais.
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