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Don Khon, le 14 novembre 2007
Pour le Laos, nous avions prévu 3 jours à Vientiane, 5 jours à Luang Prabang et 10 jours que nous avions délibérément laissé ouverts, le seul programme étant de descendre vers l'extrême sud du Laos.
Mardi de la semaine dernière, nous sommes donc partis à 7h vers le terminal de bus, direction le sud par la nationale 13 (la principale route du pays, qui longe le Mékong de la frontière cambodgienne à Vientiane et qui continue jusque Luang Prabang et même plus au nord). Nous avions demandé à notre hôtel à Vientiane de s'occuper des tickets de bus pendant que nous étions à Luang Prabang. Nous nous sommes aperçus (trop tard) que ce dernier nous avons en fait pris des tickets pour Tha Khaek (plus au sud que là où nous voulions aller) et s'était pris une confortable marge d'environ 300% ...
Nous prenons donc un premier bus qui nous emmène au croisement des nationales 13 et 8. Le réveil matinal est plus ou moins difficile...
La nationale 8 s'enfonce vers l'est dans les montagnes laotiennes, vers la frontière vietnamienne. Au carrefour, il y a tout ce qui faut pour nourrir les voyageurs en transit, même des rats grillés :
Nous prenons un autre bus pour faire les 40 kms qui nous séparent du village de Ban Na Hin. Là, nous prenons un sawngthaew, c'est-à-dire une camionnette avec à l'arrière une plateforme avec un banc de chaque côté, pour rejoindre notre auberge 10 km plus loin, situé au bord de la rivière Hin Boun. 8 heures de transport en tout.
Bonne nouvelle, ils ont une chambre de libre ! Il faut dire que vu le chemin qu'il faut faire pour arriver ici, on ne risque pas de croiser des cars de touristes. Il ne semble y avoir jamais plus d'une dizaine de voyageurs en même temps. C'est assez rustique, mais propre, le personnel est super accueillant et la cuisine excellente ! Du balcon, confortablement assis dans un « salon de Bangkok » que tous ceux qui sont venus prendre l'apéro dans le jardin de Soissons reconnaitront, on a une superbe vu sur la rivière.
Le but de notre séjour ici est la visite de Tham Lot Kong Lo, grotte de 7km de long traversée de part en part par la rivière Hin Boun. Dès le lendemain, nous partons en pirogue à moteur et nous mettons 1 heure pour rejoindre un petit village situé à l'entrée de la grotte.


Le paysage est tout simplement sublime.
Au village, nous changeons de pirogue pour en prendre une plus légère : le niveau de l'eau est assez bas et il y aura même quelques tronçons que nous devrons faire à pied dans la rivière, et d'autres où Antoine et Laurent devrons descendre pour « alléger ».

Puis c'est l'entrée dans la grotte
et la traversée, qui dure une heure. Elle mesure jusque 100 mètres de largeur et 100 mètres de hauteur. Nous y sommes bien sur plongés dans le noir complet, si ce n'est le faible éclairage de nos lampes frontales.
De retour à l'auberge, nous décidons que nous méritons un réconfort pour toutes les émotions de la journée, et c'est un des petits cochons du village voisin qui en fera les frais.
Enchantés par cette première étape, nous repartons le lendemain matin par un premier sawngthaew qui nous ramène à Ban Na Hin dès 7heures du matin (les laotiens se lèvent tôt !), puis par un second qui nous emmènent à Tha Khaek, pour attraper un bus qui nous conduit à Savannaketh. Encore 8 heures de transport.

Si vous n'avez jamais vu à quoi ressemblait une ville morte, venez à Savannaketh. C'était pourtant, parait-il, un très important centre commercial à l'époque colonial et il y a, d'après Lonely Planet, 124 000 habitants. On se demande encore où ils sont cachés. On ne se rappellera donc que des sandwichs au paté, poulet et papayes vertes (délicieux avec de la baguette bien chaude, et très épicés) et de la petite fille du restaurant qui nous a regardé jouer à la belotte en éclatant de rire toutes les 3 minutes.
Le lendemain, nous avons continué la route vers Paksé. Encore 6 heures de bus, avec au moins 20 personnes de plus que de places assises, les bagages et une moto sur le toit, et un coq à côté de Laurent.
Arrivé à Paksé, encore 1 heure de Tuk-Tuk pour rejoindre notre hôtel situé sur le plateau des Boloven, en face des chutes de Tat Fan. Notre chauffeur, Mr Ko, est super sympa, et nous lui demandons de nous servir de guide le lendemain. Il nous ramènera aussi à Paksé le dimanche matin et nous donnera même l'adresse d'une Guest House tenu par son cousin sur Done Khone, notre prochaine destination.
Le plateau des Boloven s'étend à l'est de Paksé et rejoins presque la frontière vietnamienne. Les français y ont développé la culture du café et du thé, et elle a été la région la plus bombardée pendant la guerre du Vietnam. On y trouve surtout une multitude de cascade, toutes plus belles (et froides, me demande de rajouter Antoine qui a été le seul courageux à se baigner) les unes que les autres.



Le plateau des Boloven abrite aussi de nombreuses minorités ethniques, dont les Katu. Nous avons visité un de leur village. Les enfants ont été plus choqués par la façon dont les enfants traitaient les chiots (je cite Garance : « Ils les frappaient et les lançaient en l'air ») que par leurs conditions de vie.


Après la visite du village, c'était l'heure sportive : « elephant riding ». Nous voilà donc partis sur celle que les enfants ont aussitôt baptisé « Bertha » en hommage à la prestigieuse industrie militaire allemande. Les confortables banquettes éléphantesques sont prévues pour 2, mais il n'y avait plus que Bertha de disponible. Nous avons donc grimpé à 4, et nous ne saurons jamais si c'était plus désagréable pour Bertha ou pour nous !
Dimanche, nous reprenons nos sacs pour faire les 150 kms (toujours en sawngthaew) qui nous séparent de l'extrême sud du Laos vers le Si Phan Don (littéralement, « quatre mille iles »). Il s'agit d'une multitude d'îles situé sur le Mékong, à l'endroit où il est le plus large. Le nombre réel d'îles dépend de la hauteur des eaux, mais il n'y a que 3 îles habités : Don Khong (la plus grande et la plus au nord), Don Det et Don Khon (les plus au sud et les plus paisibles). Nous avons choisi, un peu au hasard, Don Khon. Nous posons nos baluchons au « Pan's Guest House ».
Le mot « paisible » semble avoir été inventé pour ces îles. Une des raisons est que l'électricité n'est pas encore arrivée jusqu'ici. Chaque restaurant et Guest House possède son groupe électrogène, mais ne le fait fonctionner que de 18h à 23h environ. Pour le reste, pas de lumière (il ne faut pas oublier sa lampe de poche pour rentrer le soir), pas de prise qui marche (difficile de recharger l'appareil photo ou autres appareils électriques) et pas de ventilateur (il fait chaud par ici), et pas d'eau chaude pour la douche.
Les trois jours que nous y avons passés ont été des jours de repos complet (pour les parents) et de rattrapage du retard de CNED (pour les enfants), entrecoupés de quelques ballades à pied ou en vélo. On y fait aussi beaucoup de rencontre, puisque tous les touristes présents sur l'île se retrouvent systématiquement dans les mêmes restaurants à peu près aux mêmes heures : beaucoup de français, quelques suisses, américains ou allemands.
La rue principale de l'île :
La salle de classe :

Ce matin, nouveau départ pour rejoindre Paksé, d'abord en pirogue, puis par minibus climatisé (on avoue, on a des goûts de luxe).
Une dernière nuit au Laos, et nous partons demain pour le Cambodge.
Nous terminons notre troisième pays, et à l'unanimité, le Laos prend la tête des pays préférés. Nous avons tous adoré ses paysages extraordinaires et préservés, ses habitants toujours souriants, serviables et calmes (très calmes...) et la nourriture excellente. Nous avons le sentiment d'avoir vraiment démarré le tour du monde ici, sans doute parce que le Laos n'est pas encore une destination ultra-touristique (comme la Tanzanie) et qu'ici, nous sommes plus sortis des sentiers battus qu'en Chine. Au final, cela restera un très grand souvenir.
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