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5/06/2008 - Sur la route des incas

Los Angeles, le 3 juin 2008

Nous arrivons à Puno le dimanche 25 mai vers 17h. La ville est plutôt moche, et notre hôtel ne remonte pas le niveau. Le personnel est plein de bonne volonté, mais cela ne rattrape ni les douches tièdes, ni le froid de canard dans les chambres (il faut s'y faire, il n'y a presque jamais de chauffage dans les hôtels des Andes), ni l'installation électrique précolombienne.

Les péruviens nous semblent plutôt accueillants. Pour dire la vérité, nous ne leur trouvons guère de différences par rapport à leurs voisins Boliviens.

Dès le premier soir, Antoine (surnommé : le ventre) veut gouter le plat de fête national : le cochon d'inde. Il commande donc un « cuy », mais ce qu'il voit dans son assiette ne fait que confirmer ce que nous savions déjà : cela ressemble vraiment au rat grillé que nous avions vu au Laos, la queue en moins. Il n'est d'ailleurs pas emballé par le goût, et ne renouvellera pas l'expérience.

Comme pour presque chaque nouvelle ville visitée, nous occupons notre premier jour à Puno à réserver le prochain transport, à consulter nos messages, à mettre à jour le blog (pour les parents) et à se mettre à niveau du CNED (pour les enfants). Dans l'après-midi, nous partons visiter le « Yavari ». Ce bateau avait été acheté dans les années 1860 par l'armée Péruvienne à l'Angleterre. Il avait été transporté en pièces détachées jusque Arica (sur la côte Pacifique), puis par train et à dos de mule jusqu'à Puno. Ce voyage avait duré 6 ans. Abandonné, il a été racheté par une anglaise passionnée il y a vingt ans. Il est toujours en cours de rénovation mais devrait de nouveau naviguer sur le lac Titicaca dans quelques mois.

Nous décidons d'écourter notre séjour à Puno et de partir un jour plus tôt à Cuzco. Après notre séjour sur l'Isla del Sol côté Bolivien, nous préférons renoncer à l'Isla Taquile (Les deux îles se ressemblent, et il faut 3 heures de bateau pour se rendre à Taquile). Mais avant de partir, il nous reste à voir les îles flottantes.

Ces îles sont habitées par les indiens Uros, qui n'avaient pas trouvés mieux que de s'installer sur le lac Titicaca pour échapper à d'autres tribus trop agressives. Ils y vivent toujours, sur des « îles » (en fait des radeaux de plusieurs centaines de m²) faites de roseaux séchées. Leur principale ressource est maintenant le tourisme, et ils s'y donnent à fond : il ne faut pas espérer visiter ces îles dans le calme et la solitude...

Malgré les désagréments du tourisme de masse, nous avons apprécié la ballade et le côté atypique de ces villes flottantes (il y a même une poste, des écoles et des églises) posées sur un lit de paille, avec 20 mètres d'eau en dessous.

 

 

Le côté le plus désagréable de la visite, nous ne l'avons découvert que plus tard, quand Laurent s'est aperçu qu'il avait perdu le téléphone portable. Ce n'est jamais que le deuxième du tour du monde qui disparait (le premier n'a pas été perdu, il a été noyé sous les pluies australiennes)...

Vers 16h, nous partons de Puno dans des bus super-confortables. Six heures plus tard, nous arrivons à Cuzco où nous attend Antoine, propriétaire de l'hôtel Mosq'oywasi (la maison des rêves en Quéchua, http://www.mosquoywasi.com/).

Nous avons trouvé les coordonnées d'Antoine quand nous étions à La Paz et que nous consultions le site http://www.voyageforum.com/ (une de nos principales sources d'information avant et pendant le tour du monde. Une extraordinaire mine d'information pour préparer vos prochaines vacances, et dont nous ne vous avions pas encore parlée. C'est maintenant chose faite).

Le Mosq'oywasi est un petit hôtel (5 ou 6 chambres) du quartier San Blas, l'un des plus typiques de Cuzco avec ses ruelles en pente. Nous y passons 5 nuits. Les chambres sont plutôt spacieuses, nous avons une superbe vue sur Cuzco et les montagnes aux alentours, et le petit déjeuner est, selon Garance, « un des 4 meilleurs du tour du monde ».

Les trois premiers jours sont plutôt calmes : CNED, visites d'églises et de musées, et beaucoup de ballades dans la ville. Le problème, c'est que Cuzco est à 3300 mètres, et que toutes les rues sont en pente. Nous avons beau, depuis un mois, être la plupart du temps au dessus de 3000 mètres, nous (= les parents) sommes toujours aussi rapidement essoufflés dès qu'il faut monter un escalier de plus de 10 marches. Nous avons l'impression d'avoir pris 30 ans depuis le départ de Santiago !

Cuzco est une superbe ville, qui mêle les caractéristiques des villes incas (dont elle était la capitale) et des villes coloniales espagnoles. En fait, les Espagnols ont rasés les temples et les palais incas mais ont gardé les fondations, et ont construit leurs églises et leurs couvents dessus.

Coté pérennité, les incas sont largement vainqueurs : depuis Pizarro (le conquistador qui a conquis le Pérou), les églises se sont écroulées deux ou trois fois à la suite des principaux séismes, alors que les murs incas n'ont pas bougés...

La cathédrale de Cuzco, sur la Plaza de Armas

Le samedi 31 mai, nous partons avec Antoine vers la vallée sacrée. Il s'agit d'une vallée parallèle à celle de Cuzco et qui constituait le cœur de l'empire inca.

Nous commençons par Pisaq.
 

Après un arrêt au village d'Urubamba, nous partons vers le site de Morey, dont on pense qu'il servait de laboratoire agricole aux incas.

C'est là que nous déjeunons, rejoint par Catherina, la femme d'Antoine, qui nous a préparé le pique-nique.

Nous rejoignons ensuite les Salines de Maras, construites par les incas.

Pour terminer, nous rejoignons Ollantaytambo, une des villes incas les mieux conservées. C'est là que nous dinons en compagnie de Catherina et d'Antoine qui, tenant absolument à nous fournir une prestation irréprochable, ont même prévu le Pisco Sour. Emportés par l'élan, ils en servent même un à Antoine qui se dépêche de le boire, sous l'œil jaloux de sa sœur. Après le diner, nous nous séparons devant le train qui nous emmène jusqu'Aguas Calientes, où nous devons passer la nuit au pied du Machu Picchu.

Le train part à 20h30, et doit arriver vers 22h10. En fait, nous arrivons à presque Minuit : un peu avant l'arrivée, nous avons senti un choc et le train a brutalement freiné pour ne plus repartir. Une locomotive de secours a dû venir nous chercher. Divers bruit circulent pour expliquer la panne : une voiture heurtée, un câble de frein rompu, ... En fait, nous apprendrons le lendemain qu'un gardien d'un site archéologique voisin, peut-être ivre, est passé sous le train...

Bien que nous nous couchions un peu après Minuit, nous demandons à l'hôtel de nous réveiller à 5h. Avant, c'était le téléphone perdu par Laurent qui nous servait de réveil ! Nous voulons prendre le premier bus pour le Machu Picchu à 5h30, pour profiter de la lumière de l'aube et de quelques minutes de calme avant l'arrivée des foules touristiques. En fait le réceptionniste nous réveille à 5h25. Raté pour le premier bus, nous prenons celui de 6h et quand nous arrivons, il y a déjà la queue pour entrer sur le site !

Malgré la foule qui se presse dès l'aube, malgré le temps nuageux, malgré les brumes matinales, malgré les 5 petites heures de sommeil dures à digérer pour les enfants, la première vision qu'on a sur le site est inoubliable.

Le Machu Picchu est remarquable par le fait que cette ville inca a été totalement préservée, ayant été abandonnée à l'époque de l'arrivée des conquistadores. Elle n'a été « redécouverte » par les occidentaux qu'à la fin du XIXème siècle, puis restaurée par un américain à partir de 1911. Nous ne pouvons pas nous empêcher de faire la comparaison avec Angkor : à peu près la même époque, et des prouesses architecturales et artistiques qui se valent (les sculptures pour l'un, les pierres qui s'emboitent au millimètre pour l'autre, et qui tiennent sans aucun mortier). La différence, c'est qu'Angkor est infiniment plus étendu que le Machu Picchu. Mais au crédit de ce dernier, le spectacle n'est pas uniquement sur le site, il est aussi autour. Les montagnes qui entourent le Machu Picchu sont immenses, recouvertes de forêt tropicale (l'Amazonie n'est pas très loin) et leurs parois sont presque verticales. Cela fait aussi penser aux montagnes karstiques du sud de la Chine, mais là nous sommes au milieu des Andes !

 

 

Vers 13h, nous redescendons à Aguas Calientes pour déjeuner. Un train nous ramène ensuite à Ollantaytambo où un taxi doit venir nous chercher. Surprise, c'est Antoine qui nous attend. Il avait des doutes quant à la fiabilité du chauffeur, et a préféré venir s'assurer que nous ne restions pas en rade ici. Ensemble, nous prenons la route de Cuzco, ne nous arrêtant que pour la gouter la Chicha, alcool de maïs très léger, qui fait un peu penser au cidre, et que les péruviens boivent en toutes occasions.

Nous quittons Cuzco le lundi 2 juin en début d'après midi. Juste avant de partir, nous avons rencontré au restaurant une famille avec deux enfants qui voyage aussi pendant un an, du Canada à l'Argentine en Camping car (cf lien vers les apprentis voyageurs, ci-contre). Et nous qui croyions avoir eu une idée originale !

Nous rejoignons Lima où nous devons passer 7 heures, en attendant notre vol pour Los Angeles. Ainsi s'achèvent nos deux mois en Amérique du Sud. C'était le continent où nous savions le moins à quoi nous attendre, et où nous avions mis le plus de temps à choisir les pays à traverser. Encore une fois, cela a été une bonne surprise. Nous ne nous attendions pas à des paysages aussi magnifiques en Patagonie, à San Pedro de Atacama ou au Salar d'Uyuni. Nous craignions un peu, à tort, l'insécurité de l'Amérique latine, contre laquelle on nous avait beaucoup mis en garde. Nous avons été surpris par la facilité et la chaleur des contacts avec les Chiliens, Argentins, Boliviens et Péruviens. Et nous nous sommes impressionnés nous même par notre capacité (et surtout par celle des enfants) à nous mettre (ou nous remettre pour Christine) à l'espagnol. Maintenant que nous sommes arrivés aux US, c'est dur de ce remettre à l'anglais et les serveurs ont toujours droit à un « Gracias » quand ils amènent les plats.



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26/05/2008 - L'Altiplano Bolivien

Puno, le 26 mai 2008

Bon anniversaire Hugo !

Pour aller de  Sucre à Cochabamba, il n'y a que des bus de nuit. Nous réservons donc des billets pour le mercredi 14 mai au soir, dans le bus le plus confortable que nous avons trouvé. Il s'agit d'un bus semi-cama («à moitié couchette »), c'est-à-dire que les sièges sont un peu plus espacés que dans un bus normal et qu'ils s'inclinent un peu plus.

Nous partons à 19h30, avec une arrivée prévue vers 6h du matin. La route (enfin, la piste), serpente aux travers des montagnes. A part nous et un couple de jeunes Allemands, il n'y a que des Boliviens dans le bus, qui affiche complet. Vers 21h30, premier arrêt au milieu d'un village, dont la principale activité consiste visiblement à vendre nourritures et boissons aux passagers. A minuit environ, deuxième arrêt. Au début, nous croyons que le chauffeur a une envie pressante. Puis, on le voit faire le tour de son bus avec une lampe électrique, l'air perplexe. Puis, plus rien jusque 3 heures du matin. Quand on vous dit rien, c'est qu'il ne se passe rien, et que le chauffeur ne donne pas un seul mot d'explication. Nous, cela ne nous dérange pas trop, puisque de toute façon nous n'aurions pas compris ce qu'il racontait. Alors on en profite pour dormir. On se réveille de temps en temps, juste pour vérifier que le bus ne bouge toujours pas. Nous sommes au milieu de nulle part, on devine simplement les montagnes des Andes autour de nous. Christine continue d'affirmer qu'à ce moment-là, elle a vue une vache traverser la route, mais la police n'a pas confirmé. Le seul avantage de cet arrêt forcé, vu qu'il n'y a aucune lumière dans les 100 kms aux alentours, c'est que le ciel est superbe et que nous pouvons appliquer toutes les connaissances célestes acquises à San Pedro de Atacama.

Vers 3 heures, il y a du nouveau. Un bus de la même compagnie, qui vient de Cochabamba, s'arrête à coté de nous et ils proposent à ceux qui le veulent de les ramener... à Sucre ! Il y a quand même 4 ou 5 passagers qui acceptent. Après cela, il y a un peu plus de mouvements parce que les passagers commencent à râler et, apparemment, reprochent au chauffeur le manque flagrant de communication.

A un peu plus de quatre heures, miracle ! Un bus de rechange arrive. Après un rapide transbordement des bagages et des passagers, nous poursuivons notre voyage, qui aura finalement duré 16 heures. Vive les voyages en bus ! Il s'y passe toujours quelque chose. Nous avons un peu l'impression d'être revenus au Laos.

Rien de spécial à dire sur Cochabamba. Nous n'y passons qu'un après midi dans un hôtel moyen. Les enfants ouvrent leurs cahiers du CNED pendant que les parents font une ballade en ville.

Le lendemain, à 6h30, un chauffeur vient nous chercher pour nous emmener au parc national Torotoro.

Nous avons décidé d'aller dans ce parc quand nous étions à San Pedro, en apprenant qu'il était un des endroits du monde où il y a le plus d'empreintes de dinosaures. Les enfants avaient tout de suite approuvé. Ce que nous ne savions pas, c'est que le parc est aussi très célèbre pour ses richesses géologiques : cavernes, canyons, ...

Nous ne savions pas non plus qu'il fallait quatre heures de voiture pour parcourir les 140 kms depuis Cochabamba. Il faut dire que l'état de la route laisse à désirer. Mais une fois qu'on y arrive, on ne regrette pas le voyage.

Le programme des trois jours à venir est chargé, et il va s'avérer assez sportif. Dès le début de l'après-midi, nous partons vers la grotte d'Umajalanta. Elle est très différente que celle nous avions découverte au Laos. On ne s'y déplace pas en pirogue, mais à pied. Et surtout, plongé dans un noir complet, on est souvent obligé de ramper, d'escalader ou de descendre en rappel. Nous passons trois heures dans la grotte, au milieu des stalactites, des stalagmites et des chauves-souris vampires qui logent ici ! Nous ressortons fatigué, mais ravis d'avoir vécu une première expérience de spéléologie. Nous avons aussi bien ri en entendant Christine répéter à chaque obstacle : « Mais je ne pourrais jamais passer par là ! ». Les enfants ont bien sur adoré.

De retour à l'hôtel, Garance va en secret voir nos hôtes pour qu'ils préparent un gâteau d'anniversaire. Ils se connaissent déjà bien, puisqu'elle passe son temps avec leurs chiens. Nous fêtons ainsi, grâce à la participation de Sonia et Walter (les propriétaires), les 41 ans de Laurent.

Le lendemain, notre guide Félix nous emmène vers le Canyon de Sucusuma, où nous partons pour 6 heures de ballade au milieu de falaises de 250 mètres.

A l'extrémité du Canyon, nous arrivons à El Vergel, où une cascade arrose les plantes tropicales et où les enfants s'éclatent à escalader les rochers.
 

Au retour, nous découvrons les traces laissées par des dinosaures il y a 80 millions d'années, à l'époque où la naissance des Andes n'avait pas encore déformé la région.
 

Nous rentrons ensuite à l'hôtel. Félix nous propose alors d'aller visiter un petit musée, une boutique de tisserand et l'église du village. Les parents acceptent, les enfants refusent (nous les retrouverons devant un DVD intellectuel, « The transformers »). Le musée est en fait un ensemble de pièces recouvertes par des échantillons de chaque type de roches qu'on trouve dans la région, qu'un passionné loufoque a aménagé dans sa maison. Il a construit de grandes mosaïques avec des cailloux qui représentent des dinosaures. On y trouve même des météorites.

La boutique est sans intérêt, et nous partons vers l'église. Nous arrivons au moment où commence visiblement une messe. Au début, nous restons sagement au fond, mais Félix nous dit de nous approcher de l'autel pour admirer les petites chapelles qu'il y a de chaque coté. C'est à ce moment là que Christine aperçoit un homme allongé par terre, à gauche de l'autel. Il y a quelques personnes accroupies autour de lui. Au début, nous pensons à un malaise. En fait, il est tout simplement mort (un accident de chantier survenu dans l'après-midi, nous expliquera-t-on). Nous repartons un peu gêné de nous être immiscé dans cette cérémonie familiale.

Le lendemain, nous repartons pour une marche de 4 heures dans un autre Canyon, celui de Torotoro.

La rivière qui coule au fond du Canyon forme par endroit de très belles piscines naturelles, auxquelles les enfants ne peuvent pas résister. Malheureusement pour eux, l'eau est à 9°C, et ils sortent de l'eau encore plus vite qu'ils y sont rentrés.
 

Nous repartons en début d'après-midi, après de chaleureux adieux à Sonia et Walter (décidemment, nous collectionnons les hôteliers sympa). Les heures qui suivent seront moins agréables. Nous tombons sur un Fangio des Andes, qui a du mal à comprendre qu'on a le droit de rouler à moins de 80 km/h sur des pistes de pierres, et dont le véhicule a la particularité d'avoir un coffre qui ne ferme pas. Deux fois, nous sommes obligés de lui hurler de s'arrêter pour pouvoir aller récupérer nos bagages que notre petit poucet de chauffeur sème le long de la piste. Pour couronner le tout, Garance est malade et réclame aussi quelques arrêts en catastrophe. Bref, c'est avec soulagement que nous regagnons en début de soirée notre hôtel à Cochabamba.

Le lendemain, nous repartons à la gare routière pour prendre notre bus pour La Paz. Cette fois, il s'agit d'un bus « normal », et nous voyageons de jour. Voyage de 7 heures sans incident notable, à part une bruyante altercation entre Christine et une Bolivienne qui voulait virer nos affaires des casiers au-dessus des sièges pour y mettre les siennes. Finalement, grâce à la médiation du chauffeur, et puisque chacune insultait l'autre dans sa langue et ne comprenait pas l'autre, l'incident a été vite oublié.

Quelques jours plus tard, nous apprendrons que le voyage aurait été moins calme 24 heures plus tard. Des mineurs en colère ont bloqué mardi la route Oruro-La Paz, en caillassant les bus qui passaient, et même en jouant un peu avec de la dynamite. Tout peut arriver en Bolivie...

Nous arrivons à La Paz lundi 19 mai en milieu d'après-midi. L'arrivée par le haut de la ville, qui s'étale de 3500 à 4000 mètres d'altitude, est aussi impressionnante qu'on nous l'avait dit. La ville est entourée de hauts sommets que les quartiers pauvres de la périphérie semblent essayer d'escalader.

Les quatre jours que nous passons à La Paz nous donnent l'occasion de nous reposer un peu. C'est d'abord la dernière ligne droite pour le CNED : les enfants augmentent leur rythme de travail (3 séances par jour), pour pouvoir profiter au maximum de la première semaine aux Etats-Unis, à Los Angeles. Ils doivent en effet envoyer leurs dernières évaluations le 10 juin au plus tard.

Les journées suivent à peu près toutes le même tempo : CNED le matin, puis départ vers midi pour déjeuner, chaque jour dans un quartier différent afin de visiter la ville. Après le déjeuner, nous rentrons doucement vers l'hôtel en écumant les boutiques. Comme à Luang Prabang, nous nous sommes un peu lâchés sur les achats à La Paz : Pulls, Ponchos, Sacs, et tissus en tous genres. Nous attendons Los Angeles pour envoyer des colis vers la France. Il y a des chances que le coût de l'envoi dépasse le coût des marchandises !
 

A propos de poste, nous avons une nouvelle déconvenue avec la poste restante. Cette fois, le courrier nous a été envoyé par Chronopost, a priori plus fiable. Trop fiable ! Quand nous venons récupérer notre lettre, elle est déjà repartie en France ! La poste restante fonctionne très bien partout dans le monde, mais pas en Amérique du sud.

Le samedi 24 mai, nous partons en bus vers Copacabana, situé au sud du lac Titicaca. Nous passons du bus au bateau pour rejoindre l'Isla del Sol. C'est du bateau que nous découvrons le lac mythique.

L'isla del Sol est le berceau de la mythologie Inca. C'est là que serait né le soleil et le premier empereur inca. Les guides boliviens ne sont pas peu fiers de raconter que l'origine des incas est donc en Bolivie, et non au Pérou voisin.

Nous passons 24 heures sur l'île. C'est un havre de tranquillité. Aucune voiture, quelques ânes, et 2500 habitants qui cultivent pour la plupart les champs en terrasse construits il y a 800 ans par les incas. Nous profitons de la vue extraordinaire sur le lac et des ruines incas qu'on trouve un peu partout sur l'île, et sur sa voisine l'isla de la Luna.

Le dimanche en fin de matinée, nous repartons vers Copacabana pour une visite rapide de la superbe cathédrale, devant laquelle nous assistons à la curiosité locale : tous les dimanches vers midi, des prêtres bénissent (avec de l'alcool !) les voitures spécialement préparées pour l'occasion. 

 

 

En début d'après midi, nous prenons un minibus qui nous emmène à quelques kilomètres, à la frontière péruvienne, où nous attend un autre bus qui nous conduit à Puno, de l'autre coté du lac Titicaca.

Nous terminons ainsi nos trois semaines en Bolivie, où nous n'avions prévu de passer que 10 jours. Le Salar d'Uyuni et le Sud-Lipez font partis des paysages qui nous ont le plus impressionnés de tous ceux que nous avons pu voir. Nous avons énormément apprécié les contacts avec les boliviens, très différents des chiliens, mais tout aussi gentils. En particulier, nous nous rappellerons très longtemps de José. Nous n'avons pas compris les mises en garde alarmistes du ministère des affaires étrangères, n'ayant jamais ressenti un quelconque sentiment d'insécurité. Enfin, il faut ajouter que nous avons moins apprécié les villes (Sucre, Potosi et Cochabamba), à part La Paz qui possède un caractère vraiment particulier.



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19/05/2008 - La mer de sel

Cochabamba, le 15 mai 2008

Le samedi 3 mai, nous faisons (pour la seconde fois) nos adieux à nos hôtes du Quinta Adela à San Pedro de Atacama, et repartons à l'assaut de Licancabur. Les douaniers Chiliens commencent à nous connaître, c'est notre 3ème passage en 24 heures.

Cette fois, notre chauffeur-guide, José, nous attend comme convenu à Hijo Cajon, au poste frontière Bolivien. Il se confond en excuses pour le raté de la veille.

Nous sommes tombés sur la perle des guides. Pendant les 4 jours où il nous accompagnera, il se montrera toujours super-sympa, chaleureux, constamment de bonne humeur. Il connait la région comme sa poche, fuit les rassemblements de 4x4, trouve toujours le petit plus qui nous donne l'impression d'aller là où les autres ne vont pas. En plus, il parle un peu français. Mais pas assez bien pour prononcer nos prénoms, alors il nous a rebaptisés Christina, Lorenzo et Antonito. Il n'y a que « Garance » qu'il n'a jamais été capable de prononcer, et qu'il a simplement surnommée « La Niña » (la fille en espagnol).

A peine quitté le poste frontière, le défilé des paysages magnifiques du Sud Lipez commence.

La Laguna Verde, qui doit sa couleur au soufre et à l'arsenic qu'il contient (juste derrière, le volcan Licancabur)

Le désert de Dali (ainsi nommé parce qu'il ressemble à un tableau du peintre)

Les geysers de Sol de Mañana

La Laguna Colorada

La couleur rouge provient de crustacés microscopiques qui pullulent ici, et dont les flamands raffolent.

Côté altitude, jusqu'ici, tout le monde supporte bien. Nous sommes pourtant montés à 5000 mètres (cela restera notre record), un peu avant d'arriver aux Geysers de Sol de Mañana. A ce moment là, nous croyons que grâce aux médicaments pour le mal des montagnes, grâce à la semaine d'acclimatation à San Pedro, et grâce aux infusions de coca que nous buvons à chaque pause, cela devrait bien se passer.

José, lui, comme presque tous les Boliviens, passe une bonne partie de la journée à mâcher des feuilles de coca. Laurent et Antoine ont essayé, mais c'est assez écœurant. Nous découvrons combien la coca est importante dans la culture Bolivienne : elle empêche le soroche (le mal des montagnes), elle coupe la faim et elle semble aussi utilisée pour soigner le mal de ventre, la fatigue, ... Nous comprenons mieux en quoi la politique des US, qui veulent éradiquer totalement la culture de la coca pour empêcher qu'on puisse la transformer en cocaïne, va totalement à l'encontre des habitudes des Boliviens et pourquoi leur président actuel s'y oppose si fermement. En plus, vu qu'il semble un des meilleurs copains d'Hugo Chavez, cela doit lui faire plaisir d'embêter les « gringos ».

Après un bon déjeuner à l'hostal San Marcello (où nous devions dormir, mais du fait du retard de 24h au départ, nous allons un peu plus loin), nous continuons notre route jusqu'à l'arbre de pierre,
 

puis le désert de Silesi.

Nous passons notre première nuit Bolivienne ici, à l'hôtel « Del Desierto ». Plutôt bien si on compare à l'hostal San Marcelo (cf. photo plus haut), bien qu'il n'y ait ni eau chaude, ni électricité après 21h. Les enfants passent une très bonne nuit, mais ce n'est pas le cas des parents : ils supportent mal de dormir à 4300 mètres. La tête prise dans un étau, la sensation d'avoir une enclume sur la poitrine et des fourmis dans les doigts nous empêchent de fermer l'œil. Le mythe du « finalement, on supporte bien l'altitude » n'aura pas duré très longtemps.

Le lendemain, nous continuons la route vers Uyuni, heureusement en redescendant un peu, jusque 3700 mètres environ. Nous passons à côté d'autres lacs, le plus souvent blancs à cause du borax qu'ils contiennent, le long de la chaîne de volcans qui sépare la Bolivie et le Chili. Nous rencontrons de très nombreux troupeaux de lamas (tous domestiques) et de vigognes (tous sauvages), et traversons des plantations de Quinoa (La céréale de Bolivie, très bonne et très riche en protéines. La goûter c'est l'adopter).

Vers midi, nous arrivons à San Juan, le plus gros village du coin, pour la pause-déjeuner.
 

L'après midi, c'est la récompense suprême, le pompon, la cerise sur le gâteau, le truc à voir une fois dans sa vie (au moins) et qui n'existe nulle part ailleurs : le Salar d'Uyuni.

On a beau être préparé à voir le Salar, l'avoir déjà vu en photo ou en film, l'émotion que l'on ressent au milieu de cette mer de sel est assez exceptionnelle.

Le Salar d'Uyuni couvre une surface d'environ 100 km sur 100km, et sa profondeur peut atteindre 60 mètres. C'est la plus vaste réserve de sel du monde. Au milieu de cette étendue blanche, quelques îles couvertes de cactus rompent la monotonie. Nous faisons une halte sur l'une d'elle, Isla del Pescado. En repartant, José propose à Antoine de prendre le volant. Après le désert d'Australie, le Salar d'Uyuni : il va prendre l'habitude des Toyota LandCruiser !

Dernière halte pour le coucher de soleil, et pour permettre à José de nous démontrer ses talents de photographe-illusionniste.
 

Nous rejoignons ensuite l'hôtel de sel, à Tahua. Comme son nom l'indique, l'hôtel est entièrement construit en sel, mobilier compris : tables, chaises, et même sommiers des lits !

En repartant le lendemain matin, nous demandons à José de nous arrêter dans le village de Tahua. En nous promenant par hasard, nous tombons sur l'école, juste à l'heure où les enfants arrivent. Comme un des instituteurs est un ami de José, nous obtenons le droit de rentrer dans la cour. Début de semaine oblige, nous assistons à la cérémonie de levée de drapeau, accompagnée de musique et de danses.

Sur la route qui nous emmène à Uyuni, nous passons par Coquesa où, dans une grotte, sont conservées des momies, puis par Colchani et ses exploitations de sel sur le Salar.
 

A Uyuni, José tiens à nous présenter sa famille. Nous déjeunons dans le petit resto qui jouxte son agence, puis ses deux filles emmènent Antoine et Garance pour une ballade en ville. Tranquilles, ils iront boire un verre tous les quatre...

Le lendemain, José nous emmène à Tupiza, à environ 6 heures de piste, vers le sud (pas loin de la frontière argentine). Depuis que nous sommes en Bolivie, nous n'avons pas encore vu une seule route avec du bitume ! Tout se passe bien les deux premières heures, puis un bruit sec à l'arrière : une suspension vient de lâcher... Grâce à une réparation de fortune, nous arrivons jusque Atocha, bourgade minière au milieu de nulle part, mais où il y a un garage. Après un déjeuner improvisé au milieu des carcasses de voitures, nous laissons José finir la réparation et partons découvrir la ville. Nous devenons très vite le principal pôle d'attraction des habitants. Il faut dire qu'il ne doit pas y avoir beaucoup de touristes qui s'arrêtent ici, et encore moins avec des enfants.

Nous finissons par arriver à Tupiza, où nous faisons nos adieux à José, après lui avoir promis de lui envoyer des photos et des nouvelles. Nous avons vraiment passé 4 jours super avec lui. Si vous envisagez de visiter la Bolivie, n'hésitez pas à nous contacter pour que nous vous donnions ses coordonnées.

Tupiza est surtout connu parce que c'est là que Butch Cassidy et Sundance Kid sont venus commettre leur dernier forfait, après avoir fuit les Etats-Unis, et qu'ils en ont profités pour se faire tuer par la police locale. Nous découvrons sur place une autre particularité de la ville : ses restaurants sont les champions du monde de la lenteur. Jusque 1 heure et demie pour servir une assiette de frites, une soupe, une pizza et des pâtes ! Le seul coté positif, c'est que cela finit par créer une ambiance sympa entre les clients. On est presque tenté d'applaudir quand une table réussit à obtenir les plats commandés !

Nous sommes venus à Tupiza pour les paysages de Far West aux alentours, que nous partons découvrir à cheval. Les chevaux sont en pleine forme, les enfants galopent et sont ravis, Christine trotte et nous démontre qu'elle a fait énormément de progrès depuis la Nouvelle-Zélande.
 

Vendredi 9 mai, nous quittons Tupiza pour Potosi. Elle était encore, il y a trois siècles, la plus grande ville des deux Amériques. La faute à un indien qui, en 1544, en faisant un feu sur une colline, s'est aperçu que le sol se liquéfiait autour des flammes : il venait de découvrir une des plus importantes mines d'argent de la planète. Aussitôt, les espagnols ont mis la main sur le filon et ont fondé Potosi, qui est devenu une des principales ressources financières des rois très catholiques jusqu'au début du XIXème siècle.

Aujourd'hui, les mines sont quasiment épuisées, et ne sont plus exploitées que par quelques coopératives de mineurs locaux. Elles constituent pourtant une des attractions touristiques majeures de la ville. Nous avons beaucoup hésité à y aller. On nous avait dit que la visite est très difficile et que cela peut-être dangereux (ils jouent un peu trop avec de la dynamite). A force d'hésiter, et vu que le hasard du calendrier fait que nous sommes à Potosi un week-end, nous ne verrons pas les mines. Nous le regrettons un peu, car ceux qui l'ont fait disent que c'est un moment fort du voyage en Bolivie. Nous nous contentons donc de découvrir la ville, qui a gardé de son riche passé de très beaux bâtiments, et nous visitons le couvent Santa Teresa où les jeunes filles de bonne famille de l'époque étaient enfermées à vie dès qu'elles atteignaient l'âge de 15 ans.

Lundi 12 mai, nous arrivons à Sucre. C'est une très belle ville coloniale, où a été déclarée l'indépendance de la Bolivie en 1825. Nous y descendons dans un superbe hôtel, un des plus beaux de notre tour du monde. Les 3 jours que nous passons à Sucre sont plutôt calmes, largement occupés par les devoirs du CNED (les enfants font leur avant-dernières évaluations).

Pour la première fois, nous rendons visite à l'Alliance Française, à qui nous empruntons quelques BD. Le reste du temps est consacré à la découverte de la ville, à la visite d'un musée, à l'achats de tapisseries Jalq'a (spécialité locale) et à la recherche de restos bien et pas trop long...

Nous quittons Sucre pour Cochabamba le mercredi soir. Ce premier voyage en bus de nuit va nous réserver quelques surprises, que nous vous raconterons la prochaine fois...



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7/05/2008 - La Cordillère des Andes

Uyuni, le 5 mai 2008

Retour à Santiago. Nous arrivons le dimanche 20 avril. Après le quartier « Barrio Brazil » où nous nous étions posés il y a quinze jours, nous nous installons cette fois dans le « Barrio Bellavista ». L'hôtel est dans le même genre que le premier (bel immeuble ancien rénové), mais cette fois nous avons le droit à une salle de bain privée. Le quartier est aussi plus animé : nombreux bars et restos, et beaucoup d'étudiants (et de fêtards). Notre premier ressenti est confirmé : Santiago est vraiment une ville agréable, plutôt joli, qui ressemble beaucoup aux villes européennes. Le climat est aussi agréable: on est vers la fin de l'automne, et on se promène encore en T-shirt.

Le lundi, on s'occupe de l'administratif : CNED, réservation des hôtels pour Valparaiso et San Pedro. Nous retournons à la poste centrale, sans conteste le bâtiment que nous aurons le plus visité à Santiago, pour nous délester des masques, tubas et divers babioles achetés depuis la Polynésie en les renvoyant en France. Nous espérons aussi récupérer les deux lettres que nous attendons poste restante, mais celle-ci resteront introuvables. Nous n'avons plus qu'à espérer qu'elles seront renvoyées en France d'ici quelques semaines. C'est la première fois que nous rencontrons un problème avec la poste restante.

Le mardi, nous partons à l'ascension du Cerro San Cristobal, dominé par une statue de la Vierge. La colline, à laquelle on accède par un funiculaire, permet d'avoir une vue à 360° sur la ville. Malheureusement, pendant tout notre séjour à Santiago, le ciel sera toujours trop couvert pour nous permettre de voir les sommets des Andes au dessus de la ville.

Le mercredi, nous louons une voiture et partons au sud-est de Santiago, vers le Cajon del Maipo. Etant donné que nous commençons par un passage à la poste, qu'il y a des bouchons, et que nous avons bien du mal à trouver notre route (les panneaux, ce n'est pas leur fort aux Chiliens), il est déjà 1 heure quand nous parvenons enfin à sortir de Santiago. Du coup, nous n'irons pas plus loin que San Gabriel, à environ 80 km. Nous aurons quand même le temps de faire une belle ballade à San Alphonso, vers une belle cascade.

Le jeudi, nous quittons Santiago (notre hôtel est complet pour ce soir) et partons pour Valparaiso. Le nom nous évoque le temps de la marine à voile, quand le canal de Panama n'existait pas et que les bateaux venaient faire escale à Valparaiso après avoir passé le Cap Horn.

Le bas de la ville, et même son port, sont assez quelconques. Mise à part la place Sotomayor, où se trouve le centre de commandement de la marine Chilienne (ci-contre), les rues sont plutôt sales et les bâtiments décrépis.Le véritable intérêt de Valparaiso consiste à se promener sur les Cerros, ces collines qui entourent la ville basse, et qui y sont reliées chacune par un funiculaire dont la plupart ont dépassés depuis longtemps la date limite d'utilisation. Là, on trouve les belles maisons, vestiges du riche passé de la ville, les rues en pente et les maisons colorées qui sont les signes distinctifs de Valparaiso. C'est aussi là que l'on trouve les hospedajes (les B&B locaux) et les restaurants sympas.

Le lendemain, avant de rentrer sur Santiago, nous passons par Vina del Mar, présentée comme la ville balnéaire chic où les riches habitants de Santiago et de Valparaiso viennent passer leurs Week-End et leurs vacances. Il faut peut-être y passer plus de temps pour découvrir les charmes de la ville, parce que nous ne les avons pas trouvés. Il n'y a que la plage qui semble avoir un intérêt.

Après un dernier passage à Santiago (et sa poste centrale), nous partons pour San Pedro de Atacama où nous arrivons le samedi midi. Déjà, la route depuis l'aéroport de Calama nous donne un premier aperçu du désert d'Atacama, le plus sec du monde. L'arrivée à San Pedro nous surprend : Pour les parents, on se croirait dans un village à la frontière entre le Mexique et le Texas, dans un film de Sergio Leone. Pour Antoine, cela ressemble au village des Skywalker sur Tatouine (orthographe ?), dans « Star Wars ».

Une des choses les plus difficiles ici, c'est de savoir comment s'habiller. Il fait très chaud la journée, et un T-shirt suffit largement. Le soir, après le coucher du soleil, et plus encore le matin très tôt, il fait très-très froid. Là, il faut ajouter le polaire et la doudoune, et si possible le caleçon long sous le pantalon. Ca a l'air simple, mais pas pour tout le monde : nous avons vu une anglaise en short de plage et tongs, au moment du coucher du soleil à quelques kilomètres de San Pedro. Aux dernières nouvelles, ils la décongèlent au chalumeau.

Le village de San Pedro de Atacama mérite largement sa réputation, et l'intense fréquentation touristique ne lui a pas enlevé son caractère. Les rues ne sont toujours pas goudronnées, l'électricité ne fonctionne pas tous les jours, et les chiens semblent les vrais propriétaires des rues. Comme souvent depuis que le début de notre voyage, nous constatons que les français sont majoritaires parmi les touristes. Même parmi les habitants, il y a pas mal de français installés ici, tel Michel, toulousain accueillant et volubile, patron du restaurant « La cave ».

Nous sommes à San Pedro de Atacama pour 6 jours. Nous avons la chance (nos premiers choix étaient complets) de nous installer à l'hospedaje « Quinta Adela ». L'hôtel est tenu par une famille regroupant trois générations, qui se sont montrées adorables. C'est le genre d'hôtel où l'on a l'impression d'être invité chez des gens que l'on ne connait pas. A tel point qu'au bout de 3 jours, nous serons conviés à prendre le petit déjeuner directement dans la cuisine des propriétaires, pendant que les autres clients, moins bien traités que nous, devaient le prendre au soleil dans le jardin... Nul doute que les enfants sont pour beaucoup dans la chaleur de cet accueil. Les adieux (à rebondissement, on le verra plus tard), ont été les plus appuyés que nous n'ayons jamais eus. Vous en connaissez beaucoup des hôtels où la grand-mère vient vous faire la bise au moment du départ ?

Si San Pedro est devenu si touristique, c'est avant tout parce qu'il y a dans les environs assez d'activités et de sites à visiter pour occuper n'importe quel touriste pendant plus d'une semaine. Nous avons donc du faire des choix.

Pour les sites, nous avons vu :

Le Salar d'Atacama avec, au milieu, la Laguna Chaxa et ses colonies de flamands roses

Les Lagunas Miscanti et Miñiques, notre première expérience à plus de 4000 mètres (4200 exactement). Pablo, notre guide, pousse le vice jusqu'à nous faire faire une très joli ballade de 40 minutes. Mais à cette altitude, chaque pas est difficile. Compatissant, Ian, un copain argentin de Pablo, prend Garance sur ses épaules et continue à gambader joyeusement pendant que nous devons nous arrêter tous les 10 mètres pour reprendre notre souffle !

La Laguna Miscanti

La Laguna Miñiques. A droite, c'est Pablo

La vallée de la Luna, d'où on vient voir des couchers de soleil magnifiques sur la Cordillère des Andes.


Enfin, le champ de Geyser du volcan El Tatio, à 4300 mètres. Leur seul défaut est que l'aube est le meilleur moment de la journée pour les voir. Il faut se lever à 3h30, partir à 4 pour y arriver à 6 ! Et à 6 heures du matin à 4300 mètres d'altitudes, la température est plutôt fraiche.

Nous avons la chance que Pablo n'aime pas trop les colonnes de touristes. Du coup, il s'arrange toujours pour nous emmener à l'écart des foules, où pour nous faire faire les visites dans le sens inverse de celui des autres agences. A Tatio, il nous emmène ainsi un peu plus loin que les autres, à 4500 mètres, voir d'autres geysers auxquels les touristes n'ont normalement pas accès.

Outre ces excursions qui nous occupent plus de la moitié du temps, nous profitons de notre passage à San Pedro de Atacama pour approfondir nos connaissances en astronomie. Le nord du Chili est connu pour avoir le ciel le plus propice à l'observation de l'espace. Les plus grands télescopes du monde sont situés dans la région. Un astronome français s'est établi ici et organise tous les soirs une découverte du ciel. Il a installé ses cinq énormes télescopes dans le désert (pas de pollution visuelle) et nous fait profiter, avec beaucoup d'humour, de ses connaissances encyclopédiques des étoiles, qu'il connait toutes par leur petit nom.

Nous sommes devenus incollables sur les galaxies, constellations, étoiles et super-nova, et mettons maintenant moins de cinq secondes pour repérer la Croix du Sud, la ceinture d'Orion et Sirius. Côté planète, nous avons observé Mars et surtout Saturne, de loin la plus impressionnante à regarder dans l'objectif. Nous avons collé celui de l'appareil photo à celui du télescope pour vous faire un peu profiter du spectacle.

Enfin, puisque San Pedro est un des rares endroits du monde où on peut le pratiquer, les enfants insistent pour faire du Sandboard : c'est comme du snowboard, mais à la place de la neige c'est du sable. On en fait dans la vallée de la Muerte (une partie de la vallée de la Luna), où il y a une énorme dune de sable. Les parents s'abstiennent, et les enfants se régalent, autant par les glissades que par les chutes.

Vendredi 2 mai à 9h, nous quittons donc avec effusion nos hôtes du Quinta Adela. Un chauffeur d'une agence de San Pedro nous emmène à Hito Cajon, le poste de frontière bolivien (plutôt sommaire) à 4400 m d'altitude.

Là, nous avons rendez-vous avec le chauffeur-guide bolivien qui doit nous faire traverser le Sud-Lipez (la région quasi-désertique du sud-ouest de la Bolivie) pendant les 5 prochains jours. Quand nous arrivons, il n'est pas là. 3 heures plus tard, toujours pas. Evidemment, il n'y a ici aucun moyen de communiquer ni avec San Pedro, ni avec la Bolivie. Nous décidons donc de repartir à San Pedro. Nous reprenons une chambre au Quinta Adela (surprise des propriétaires !) et essayons de joindre, sans succès, l'agence de La Paz qui nous a organisé le tour. Nous ne savons pas ce qui s'est passé ni, surtout, quand nous pourrons repartir. Enfin, vers 18h, l'agence nous appelle. Le chauffeur est tout simplement tombé en panne en venant nous chercher. Il a changé de voiture et nous pouvons partir demain.

Après ce faux-départ, nous quittons le Chili après y avoir passé plus d'un mois (interrompu par 4 jours en Argentine), île de Pâques inclus. Nous ne nous attendions pas forcément à trouver des gens aussi accueillants et aussi chaleureux. Les 3 régions que nous avons visités (Patagonie - Santiago et Valparaiso, San Pedro de Atacama) nous ont toutes énormément plus. On ne met pas de classement, parce que l'on n'est pas d'accord entre nous ! En guise de consensus, voici notre conseil : Si vous venez au Chili, passez impérativement une petite semaine à San Pedro, quelques jours à Santiago, au moins une semaine en Patagonie pour faire le Torres del Paine au Chili et le Perito Morino en Argentine, trois jours pour faire la croisière inoubliable d'Ushuaia à Punta Arenas via le Cap Horn, et 5 jours pour découvrir l'île de Pâques. En un peu plus de trois semaines, vous devriez donc y arriver. Sans compter bien sur les régions du Chili que nous n'avons pas vu (la région des lacs, Chiloé, ...) et qui peut-être méritent aussi un détour.



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