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12/04/2008 - Rapa Nui
Publié dans 12 Ile de Pâques
Puerto Natales, le 9 avril 2008

Après une courte nuit dans l'avion (5 heures), nous arrivons à l'aéroport de Mataveri à Hanga Roa, capitale (et en fait seule ville) de l'île de Pâques (Rapa Nui en Polynésien). L'île permet une transition parfaite entre la Polynésie (les Pascuans sont des Polynésiens) et l'Amérique du Sud (l'île appartient au Chili depuis 1888, après que la France ait refusé 2 fois le protectorat et ait poussé le Chili à en prendre possession).

Nous mettons plus d'une heure à quitter l'aéroport : les chiliens contrôlent tous les bagages pour s'assurer qu'aucune plante ou animal ne pénètre sur l'île. Les mêmes contrôles, avec fouille systématique des bagages,  seront effectués quand nous repartirons.

Lionel arrive juste à temps quand nous sortons de l'aéroport. Lui et sa femme, Tita, tiennent la pension que nous avons réservée depuis Rangiroa, sur les conseils de Sophie et Jérome. Le hasard fait que c'est aussi dans cette pension qu'avait séjourné il y a 6 ans la famille Bourgine, celle qui nous a donné l'idée de faire un tour du monde. Leur livre « Le tour du monde en famille », dédicacé, est bien en évidence dans la salle à manger de la pension.

A notre arrivée, la pension accueillait déjà 2 suisses et 3 françaises, enseignantes en Polynésie Françaises. Si nous avons beaucoup apprécié notre séjour chez Lionel et Tita, leur gentillesse et aussi le côté « cool » de leur (in)organisation, ce n'était pas forcément le cas de nos co-pensionnaires. Ils (et surtout elles) étaient négatifs sur tout ce que pouvait faire notre hôte, et il faut reconnaitre que cela a un peu gâché l'ambiance des premiers jours.

Le forfait que nous prenons comprend la demi-pension et 3 visites guidées des différentes parties de l'île, effectuées avec Lionel. Dès l'après-midi de notre arrivée, nous partons pour une première visite du cratère Rano Kau et du village Orongo, où se déroulait tous les ans jusqu'en 1866 (juste après la christianisation de la population) les compétitions liées au culte de l'homme-oiseau. Celles-ci-consistait à descendre la falaise et à nager jusqu'au Motu Nui (la troisième île sur la photo ci-dessous) pour en ramener, le premier, un œuf de sterne.

Après une journée consacrée au CNED et à internet, nous partons le mercredi pour notre seconde visite, la plus intéressante, qui nous emmène tout autour de l'île, et d'abord sur la plage d'Anakena, au nord de l'île, où sont censés avoir débarqué les premiers habitants. Nous y découvrons nos premiers Moai, ces hautes statues de pierre auxquels l'île doit sa célébrité.

Ce qui est le plus fascinants dans ces statues, c'est surtout le mystère dont elles restent entourées aujourd'hui encore. Pour résumer,
Ce que l'on sait :

  • Les premiers habitants venaient de Polynésie
  • Les Moai représentaient les ancêtres et étaient chargés de veiller sur les villages (ce qui expliquent qu'ils tournent presque toujours le dos à la mer)
  • Des guerres tribales, sans doute consécutives à l'appauvrissement des ressources de l'île et à l'augmentation de la population, ont entrainé la destruction des Moai (chacun renversait les statues de l'autre tribut, face contre terre) et l'arrêt de leur construction.
  • Toutes les statues étaient taillées dans la même carrière, sur les flans du cratère du volcan Rano Raraku

Ce que l'on ignore :

  • Quand les premiers habitants sont arrivés? (entre le 4ème et le 13ème siècle, c'est un peu large comme fourchette)
  • Comment les statues étaient transportées de la carrière vers les sites (debout? couché? sur des rondins de bois?)
  • Pourquoi elles avaient des coiffes? Celles-ci sont de couleur rouge, taillé dans une autre carrière, et ont vraisemblablement été rajouté beaucoup plus tard.
  • Qui les taillaient? Chaque tribu taillait ses propres statuts, ou une tribu taillait pour tout le monde? Combien de temps cela prenait? Combien de personne travaillait dans la carrière?

Si la tradition orale s'est perdue, c'est notamment parce que la population de l'île est passée en moins d'un siècle, au moment de l'arrivée des Européens, de plus de 20 000 à 110 personnes : maladies, assassinats et surtout déportations dans les mines d'or et d'argent d'Amérique du Sud.

Les principaux sites ont été restaurés au 20ème siècle. Les statues sont impressionnantes par leur taille, mais surtout par leur nombre. Rien que dans la carrière, il y en a plus de 400 qui sont restés inachevées ou abandonnées.


La situation géographique de l'île de Pâques fait qu'on y trouve surtout des voyageurs qui prolongent leur séjour au Chili ou qui, comme nous, font une halte entre la Polynésie et l'Amérique du Sud. Nous sommes très surpris du nombre de gens que nous rencontrons et qui font aussi le tour de la planète. Nous avons ainsi croisé une famille belge que nous avions déjà aperçue à Moorea et à Rangiroa, et que nous retrouvons dans un restaurant à Hanga Roa. Ils sont partis de Bruxelles au mois d'août dernier et depuis, sans le savoir, nous nous suivons : Tanzanie, Laos, Cambodge, Bali, Australie, Nouvelle Zélande, ...

Nous sommes aussi très surpris de constater le nombre de Français qui visitent l'île de Pâques. Plus de la moitié des touristes que nous avons croisés étaient francophones ! Cela est en parti dû au fait que Tahiti est très proche (en distance et culturellement). Mais cela montre aussi une nouvelle fois (on l'avait déjà remarqué en Chine et au Laos) que les français sont beaucoup plus voyageurs que ce que l'on dit. D'ailleurs, sur le faible nombre d'expatriés qui vivent sur l'île de Pâques, les français sont de loin les plus nombreux.

La veille de notre départ, respectant une promesse faite depuis longtemps aux enfants, Laurent les emmènent faire une ballade à cheval. Contrairement à celle de Nouvelle-Zélande où nous étions restés tout le temps au pas, celle-ci est plus sportive. Nous montons - la plupart du temps au galop - jusque au plus haut somment de l'île. Les enfants sont ravis -la plus belle ballade qu'on ait jamais faite dixit Antoine - et la vue depuis là haut est splendide.


Le soir, nous allons au « Cinéma » (le bar d'un hôtel muni d'un lecteur DVD et d'un videoprojecteur) pour voir « Rapa Nui », un film tourné il y a une quinzaine d'année par Kevin Costner et qui raconte le début des guerres tribales. Le film présente une version de l'histoire qui est surement discutable, mais il se laisse voir et intéressant à regarder après un séjour sur l'île.

Toujours ce dernier jour - il s'est décidemment passé beaucoup de choses ce jour-là - se produit l'évènement le plus important de la semaine, selon les enfants : Tella, la chienne de Lionel et Tita, a eu ses chiots. 4 jours qu'Antoine et Garance attendaient cela. Elle n'a pas fait les choses à moitié : 12 chiots !

Le samedi 5 avril, nous faisons nos adieux à Lionel, Tita et Tella et partons vers Santiago. Cette fois, nous sommes vraiment en Amérique du Sud !

Nous reviendrons à Santiago dans une quinzaine de jours, pour visiter la ville et les environs. Pour cette fois, nous avons prévu 2 jours seulement pour refaire notre garde-robe : Maillots de bains, masques et tubas sont relégués au fond des sacs, et ils doivent être remplacés par les pulls, les parkas et les bonnets ! C'est que le programme des deux prochains mois comprend la Patagonie et le cap Horn (où l'hiver va bientôt commencer), puis les hauts-plateaux andins du Chili, de la Bolivie et du Pérou, où nous serons la plupart du temps entre 3500 et 4000 mètres !

Pour ces deux jours, nous logeons dans un hôtel « backpackers », qui occupe un vieil immeuble superbe du Barrio Brasil, le quartier « bo-bo » de Santiago.

De là, nous partons à la recherche d'un magasin de vêtement de montagne, où nous achetons parkas ou doudounes, gants et bonnets.

L'autre objectif de ce séjour express était de récupérer à la poste restante le câble que les parents de Christine nous ont envoyé, et qui doit nous permettre de transférer les photos sur l'ordinateur (et ainsi de vous en faire profiter !). Il faut croire que la poste chilienne fonctionne moins bien que celle de Bali, parce  que le colis n'est toujours pas arrivé. Du coup, nous faisons tous les magasins d'accessoires électronique de la ville pour en trouver un, sans succès. Nous finissons par acheter un lecteur de carte qui nous permet d'arriver au même résultat. Nous sommes maintenant fin-prêt pour découvrir les paysages patagons.

De ce premier aperçu du continent sud américain, nous retenons deux choses :

  • nous aurions surement du approfondir nos connaissances en espagnol avant de venir! Munis seulement des quelques souvenirs scolaires de Christine, d'un petit dico d'espagnol et des efforts louables mais rudimentaires des enfants pour apprendre, nous risquons d'avoir quelques difficultés pour communiquer avec les locaux qui, pour leur immense majorité, ne parlent ni anglais ni français.
  • le Pisco Sour mérite sa réputation. Cette boisson nationale chilienne, mélange d'un vin de muscat distillé, d'augustura et de citron, trouvera sa place dans notre bar à côté du cajun, du caïpirina et du whisky dès que nous serons rentré à Colombes!


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