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27/11/2007 - Le royaume d'Angkor
Publié dans 07 Cambodge

Bali, le 26 novembre 2007

Le Cambodge est le pays (avec l'Argentine) où nous avons prévu de passer le moins de temps : juste une petite semaine. Nous avons délibérément choisi de limiter notre itinéraire à Siem Reap et ses environs, à commencer bien sur par les temples d'Angkor.

Siem Reap est une ville qui est en train d'exploser. Tous les gens que nous avons croisés et qui étaient déjà venus, il y a 4 ans ou plus, nous ont dit ne rien reconnaitre. Il y a aujourd'hui a peu près autant d'hôtels que de temples, c'est-à-dire plus de 200.

Pour nous qui venons du Laos, cela nous change ! Cela nous rappelle plutôt la Chine. Même les tuk-tuk sont différents : plus de plateformes avec un banc de chaque coté, mais des espèces de calèches tirées par une moto.

Il y a énormément de touristes, mais on les croise surtout dans les temples. Il faut dire que les deux tiers des touristes sont Coréens, Chinois (de Hong Kong et de Taïwan) ou Japonais, et qu'ils ne descendent presque jamais en ville. Quand ils ne sont pas dans les temples, ils restent entre eux dans les innombrables hôtels qui longent la route de l'aéroport et qui semblent leur être réservés.

Dans Siem Reap, les étrangers que l'on croise sont donc presque tous des occidentaux : Comme au Laos, beaucoup de Français, des Italiens, des Anglais et des Allemands. Encore une fois, très peu d'Américains. Nous ne savons pas si c'est parce que ils n'ont pas laissé beaucoup de bons souvenirs dans la région, où si c'est parce que le dollar est trop faible en ce moment...

Notre hôtel est tenu par des français venus s'installer ici il y a 6 ans. Il est très sympa, et la bonne surprise pour les enfants, c'est qu'il y a une piscine. Le soir, nous partons diner en ville, la plupart du temps dans le quartier du vieux marché, pour déguster les spécialités locales (goutez l'Amok, du poisson ou de la viande mariné dans une sauce au coco et servi dans une feuille de bananier ou dans une noix de coco).

S'il y a un point commun entre le Laos et le Cambodge, c'est la gentillesse des habitants. La différence, c'est qu'on sent immédiatement que l'histoire des Cambodgiens a été (et continue à être) beaucoup plus difficile que celle des Laotiens. Quand on discute avec un cambodgien, deux thèmes viennent systématiquement dans la conversation dans les dix premières minutes : les khmers rouges et la corruption. Cette dernière continue visiblement d'empoisonner la vie publique. Pour tous, les Cambodgiens les plus riches sont les fonctionnaires. Ce sont eux qui ont les plus belles maisons, en périphérie de Siem Reap, avec un 4x4 garé devant. La preuve la plus visible de cette corruption est la disparition de 90% des statues que contenaient les temples d'Angkor il y a encore 20 ans, et qui ont été volées et vendues en Thailande par les fonctionnaires et les militaires du coin.

Le souvenir des Khmers Rouges est très présent, y compris chez ceux qui sont trop jeunes pour avoir vécu cette période mais qui nous racontent l'histoire de leurs parents. A titre d'exemple, le père de notre premier guide était jusqu'en 1975 professeur de Physique au Lycée de Siem Reap. Il parlait couramment le français. Grace à ses parents qui étaient des paysans, il savait cultiver le riz. C'est ce qui l'a sauvé à l'arrivée des Khmers Rouges, puisqu'il a pu faire semblant d'être un cultivateur illettré. Il a passé presque 20 ans sans prononcer un seul mot de français. En 79, à la chute du régime Khmer, quand les Vietnamiens ont envahi le Cambodge, il a refusé de reprendre l'enseignement, craignant un retour de Pol Pot. Ce n'est qu'en 1994 qu'il est devenu guide touristique à Angkor. Il a d'ailleurs écrit un guide très complet en Français, que nous avons vu dans les mains de nombreux Français qui visitaient les temples. Son nom est Hy Sagn.

A ce que nous avons compris, les problèmes des cambodgiens continuent. Maintenant qu'ils semblent à peu près débarrassés des Khmers rouges,  non seulement ils ont des fonctionnaires et des hommes politiques corrompus, mais en plus ils ont les voisins Vietnamiens et Thaïlandais qui veulent leur grignoter leur pays ! Toutes les nuits, les militaires Thaïlandais déplacent ainsi la frontière en différents endroits de quelques dizaines de mètre. D'ici 1 ou 2 ans, Angkor peut être sera  en Thaïlande...

Nous avons passé environ trois jours à visiter les temples. Les enfants ont été plutôt intéressés, même si, à la longue, cela laissait Garance un peu songeuse.

La réputation d'Angkor n'est pas usurpée. C'est vraiment superbe, immense (plus de 200 temples répartis sur environ 20 km²). Cela va du temple très bien conservé (Angkor Wat, le plus connu, qui a toujours été occupé par des moines et a donc été entretenu) à celui envahi par la jungle où les racines des arbres s'entremêlent aux ruines (Ta Prohm, où a été tourné les premières scènes de « Deux frères »). Ce qui est le plus impressionnant, c'est la capacité des Khmers à construire ces temples immenses et entièrement sculptés (on a du mal à trouver quelques centimètres carré de pierre non sculptée), ces bassins et ces douves gigantesques (certains ressemblent à des lacs), le tout à une époque où, en Europe, on construisait nos premières églises (les temples ont été bâtis entre 900 et 1300).

Ta Prohm :

Angkor Wat :

Le Bayon, au milieu d'Angkor Thom, qui fut la capitale du royaume d'Angkor :

Un détail du temple de Banteay Srei, considéré comme le summum de l'art Khmer :

La seule chose qui gâche un peu la visite d'Angkor, c'est ça :

Autre particularité d'Angkor, les dizaines d'enfants qui, aux portes des temples, essaient de vendre les T-Shirts, cartes postales, statues et autres bibelots. Leur technique de vente consiste à vous approcher en récitant leur texte dans le plus de langages possible (anglais, français, allemand, italien) et en faisant en sorte que vous vous rappeliez d'eux en ressortant du temple « You remember me, Madame». Quand la vente est à peu près perdue, ou que vous leur expliquez que vous avez déjà acheté le même article 1 heure plus tôt, ils jouent la carte sentimentale « Buy for me, Madame ». Le tout avec un merveilleux accent trainant, et le sourire.

Un peu au sud de Siem Reap, le lac Tonlé Sap est le plus grand lac d'Asie, sur lequel vivent en permanence environ 7000 personnes dans des villages flottants.

Là encore, les enfants doivent s'occuper des touristes. Celui-ci demande 2 US$ pour une photo avec son boa autour du cou.

Mercredi dernier, nous avons repris l'avion direction Bali, avec une escale à Kuala Lumpur (Malaisie) où nous avons passé quelques heures à l'aéroport, le temps de déjeuner au McDo et de faire une ou deux leçons de CNED. Nous gardons du Cambodge le souvenir d'un pays qui mérite surement plus d'une semaine pour être découvert, et où il faudrait sortir d'Angkor qui est devenu, il faut le reconnaitre, une immense usine à touriste. Mais les temples méritent largement les désagréments que cela entraine.

Dernière information pour ceux qui veulent venir à Angkor : les distributeurs automatiques ne fournissent que des dollars américains, avec lequel on peut absolument tout payer (au moins à Siem Reap). Au début cela surprend un peu, mais c'est finalement très pratique.



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