316 jours pour faire le tour du monde
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15/08/2007
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La génèse
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L'idée est venue un matin, en 2001, en janvier ou février. J'écoutais comme d'habitude Europe 1, à moitié endormi devant mon café. C'était pendant une de ces périodes où l'on se demande si on a choisi le bon métier, s'il ne faudrait pas essayer autre chose, qui permettrait de passer plus de temps avec ses enfants, de rencontrer d'autres gens, de découvrir de nouveaux domaines, ...
A ce moment là, vers 7h15, le journaliste annonce sa chronique habituelle, où il interviewe des gens « ordinaires » qui ont des projets « extra »-ordinaire. Et le quidam de ce jour-là raconte son projet de voyage autour du monde, avec sa femme et leurs trois enfants. Il raconte qu'ils vont aller de pays en pays en avion, en train, en bus, que chacun a choisi un pays « Joker » autour desquels ils ont construit leur itinéraire (je me rappelle qu'il y avait l'île de Pâques), qu'ils vont faire un « pré-voyage » au Canada, et que les enfants vont suivre les cours du CNED (le centre national d'éducation à distance, je pense qu'on vous en reparlera dans ce blog).
Ce reportage a été le déclic. Comme la plupart des gens, j'avais déjà rêvé faire un tour du monde, mais pour moi, cela ne pouvait se faire qu'en bateau. Et vu que je ne suis pas spécialement marin, et que Christine a en général le mal de mer juste avant que l'on sorte du port, ce n'était tout simplement pas envisageable. Et ce matin là je réalise qu'on peut aussi le faire en avion, tout simplement !
Aussitôt, démontrant déjà à l'époque un courage peu commun, je vais réveiller Christine :
- «Christine, j'ai une super idée. Si on partait faire un tour du monde?»
- «Quoi?»
- «Je viens d'entendre un mec à la radio, il va faire un tour du monde d'un an avec ses enfants. On pourrait faire pareil?»
(Silence)
- «Quelle heure est-il?»
- «7h et demi passé.» (en fait, il était 7h20; mais il faut savoir ruser de temps en temps) «Alors, t'en penses quoi de mon idée?»
Là, elle s'est complètement réveillée, on en a discuté 5 minutes, et elle a demandé quelques jours de réflexion. Moins d'une semaine après : « Tu sais, j'ai repensé à ton idée de l'autre jour. Le tour du monde. C'est OK, on va le faire. ». Il ne restait plus qu'à tout organiser ... et surtout à économiser !
Bien plus tard, je suis tombé par hasard sur le site internet de « l'interviewé » : il s'agissait de Jérome Bourgine. Vous y trouverez le reportage qui avait été diffusé sur Europe 1 ( http://www.tourdumonde.net/ , rubrique « Vu et entendu »).
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15/08/2007
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Le projet
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Une fois la décision prise, il restait à donner un contenu à ce projet, et à décider d'une date de départ.
Le parti pris était de s'arrêter de travailler un an (un congé sabbatique ne peut excéder onze mois), et donc de voyager 10,5 mois (quinze jours pour préparer, un mois pour se remettre !).
Pour la date de départ, scolarité oblige, nous devions choisir entre juillet et octobre, pour un retour entre mai et août. Initialement, nous avions décidé de partir pendant l'année de CM2 d'Antoine, considérant qu'il fallait mieux être revenu pour son entrée au collège. Cela nous faisait partir le 1er octobre 2006, pour un retour fin juillet 2007. Mais il a eu la bonne idée de sauter une classe, et nous avons donc repoussé le voyage d'un an, pour éviter de partir l'année de la sixième. Antoine sera donc en cinquième, et Garance en CM1.
Le projet consistait initialement à choisir un ou deux pays par continent, et à s'installer un à deux mois dans chaque pays, pour « vivre » le plus possible avec la population locale. Mais le principe de réalité nous a rapidement fait prendre conscience qu'il pouvait être difficile, dans certains pays (en général parmi les plus pauvres), de débarquer avec les enfants et de se mettre à rechercher un appartement meublé pour s'installer un mois ou deux...
Nous avons alors décidé d'alterner les genres : pays riches et pays pauvres, pays faciles (on y parle anglais, il y a une infrastructure touristique, ..) et pays plus difficiles, court et long séjour (de 1 semaine à 2 mois), modes d'hébergement (hôtel, location, Camping car), séjours nomades et séjours plus sédentaires, ...
L'itinéraire a ensuite été défini en respectant deux grands principes que nous voulions conserver :
- Limiter le nombre de pays. Comme la plupart de ceux qui préparent ce type de voyage, nous l'avons toujours envisagé comme une occasion de découvrir les plus beaux endroits de la planète, mais aussi et surtout de rencontrer les gens qui y habitent. Cela suppose de passer un minimum de temps dans chaque endroit
- Traverser au moins un pays sur chaque continent, l'Europe exceptée.
Finalement, nous allons passer en moyenne un peu moins de 4 semaines par pays, à deux exceptions près (le Cambodge où nous n'allons qu'à Angkor, et l'Argentine où nous ne verrons que le sud de la Patagonie, Ushuaia et El Calafate).
Ces derniers mois, depuis que nous sommes réellement rentrés dans la phase de préparation, nous nous sommes plusieurs fois interrogés sur les raisons qui nous poussaient à partir, et sur ce que cherchions à travers ce voyage. Dans le désordre :
- Une envie « d'autre chose ». Même si (ou parce que) nous « avons » déjà beaucoup, nous ressentons le besoin de « faire » et de « voir » autre chose, de nous fabriquer d'autres souvenirs.
- L'envie de casser le rythme, trop rapide et surtout trop régulier, de nos activités professionnelles entrecoupées de périodes de vacances qui finissent par toutes se ressembler.
- L'envie de passer du temps avec les enfants, avant qu'ils ne nous annoncent gentiment qu'ils préfèrent partir en vacances avec leurs copains/copines !
- L'envie de leur faire ce cadeau, de leur donner une ouverture d'esprit, de leur permettre de comprendre un peu mieux ce qui se passe sur la planète, ce que signifie « une culture différente ». Toutes choses qu'ils auraient sans doute beaucoup plus de mal à acquérir dans leur cocon de l'ouest Parisien, affairés sur leur PS2 ou absorbés par la dernière série pour préados sur Disney Channel.
- Parce que c'est le bon moment pour le faire, tant pour la scolarité des enfants que pour nous qui venons d'avoir 40 ans.
- Parce que nous avons passé tellement de temps à en parler et à y rêver, que si nous ne l'avions pas fait, nous l'aurions regretté toute notre vie. Et « il vaut mieux regretter les choses qu'on n'a faites que celles qu'on n'a pas faites »...
En conclusion, la meilleure façon de présenter notre projet est encore de regarder la vidéo ci-dessous, que les enfants ont préparée en secret pendant que les parents faisaient la sieste devant la télé (c'est le bruit de fond que l'on entend dans le film...). Nous avons beaucoup aimé...
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